C'est sympa Internet, le soir après le boulot, quand les enfants sont couchés, tu laisses des commentaire sur les blogs, tu discutes le bout de gras avec les copains sur FaceBook, un truc très convivial en somme, très bien quand tu bosses tout seul toute la journée comme moi et que la solitude finit par peser. Y'a bien mon chien et les poules pour me tenir compagnie dans les vignes, mais je parle ni le chien ni la poule.
Plutôt que de perdre leur temps à essayer de comprendre le langage des dauphins, ils feraient mieux de décrypter les aboiements des chiens, les océanographes, on s'emmerderait peut-être un peu moins nous les vignerons dans nos vignes. Toujours à chercher des trucs qu'on se demande à quoi ça sert ces chercheurs, genre les vignes OGM alors qu'il y a tellement de sujets où il pourrait utiliser intelligemment leur intelligence. J'entendais une mathématicienne dire à la radio que la science est le moteur de l'humanité. Un moteur à explosion alors. En même temps, je critique, je critique, mais la science parfois, ça a vraiment du bon. J'avais parlé ici d'une géologue, chercheuse au CNRS, qui était passée au caveau pour nous acheter du Beaujolais Villages. Elle nous avait visité le même jour que ce merveilleux couple d'allemands qui sillonne depuis trente ans les routes de notre région à la sortie des primeurs (quand je pense au portrait que j'ai fait d'eux au passage, où on peut les prendre un peu pour des neuneus, y'a des jours je me dis que je suis un peu con. Des gens charmants, cultivés, parlant un français plus que correct, de vrais amateurs de Beaujolais Nouveau en plus, une espèce menacée qu'on doit protéger plutôt que de lui enfoncer la tête dans le mazout. D'ailleurs, si un soir de Beaujolais Nouveau, vous voyez quelqu'un allongé sur le sol, ayant manifestement un peu trop abusé de notre merveilleux breuvage, surtout vous ne le touchez pas ! Sa mère pourrait l'abandonner si elle sent votre odeur. Il vaut mieux appeler les pompiers ils ont l'habitude ou la SPAB (Société Protectrice des Amateurs de Beaujonouvos).
Mais revenons à notre géologue. Et bien, cette dame charmante nous a appelé avant hier pour nous dire que suite à notre échange au caveau, elle nous proposait de venir à la propriété avec un groupe d'étudiants d'un master de géologie qu'elle encadre afin de réaliser une série de prélèvements de sols pour nous aider à mieux connaitre et comprendre notre terroir. S'en est suivi un échange de mails pour définir le périmètre précis de leurs investigations. J'y reviendrai plus tard mais je voulais juste vous faire part d'une étude qu'elle m'a dit être réalisable et qui m'a "halluciné" comme ils disaient les djeuns à l'époque où j'étais un peu moins vieux mais je sais plus si ça se dit encore. D'abord, une petite info que cette dame m'a donnée et qui a interpellé le viticulteur bio qui sommeille en moi (je vais aller me coucher je suis crevé). On parle de pollution des sols viticoles par le cuivre, notamment par les producteurs bios qui ont peu d'alternative efficace pour lutter contre le mildiou. Elle m'a expliqué qu'elle a mené des études qui montrent que les vignes bios affichent une biodiversité supérieure à celles des vignes conventionnelles, jusque là rien de bien surprenant, mais ce qui est intéressant, c'est que les microorganismes plus nombreux et plus diversifiés montrent une plus grande capacité à retenir les métaux lourds. Conséquence, cette biodiversité des sols bios est facteur de dépollution naturelle des sols et, corolaire important, entraine une diminution de la teneur en métaux lourds et en cuivre dans les vins ! Je viens de lire par ailleurs les conclusions d'une étude récente menée par l'IFV sud-ouest qui montre que la teneur en cuivre dans les moûts influence le potentiel thiol, que moins sa concentration est élevée, plus l'expression des thiols qui participe de la complexité aromatique du vin est renforcée ! Aussi, vous savez pourquoi Mickey Mousse ? Parce que Bob l'éponge et Mario Brosse. (j'avais un peu peur que vous vous emmerdiez).
Bon, maintenant le truc qui m'a halluciné, mais grave. J'avais parlé à cette dame du bouquin de Kermit Lynch, mes aventures sur la route du vin, où Kermit (nous sommes très liés) parle de groseilliers qui influençaient le goût d'un vin, qu'il s'en était rendu compte après que ceux-ci furent arrachés et que le profil du vin en question en fut modifié. J'avais enchainé sur les pensées sauvages qui tapissaient le sol de mon clos, au parfum subtil qu'il me semblait retrouver dans mon vin (bien que l'on soit sur un profil aromatique assez caractéristique de l'appellation; on parle souvent d'odeurs de violette et d'iris pour les Fleurie). Et bien cette dame me propose de prélever des pensées sauvages dont elle peut détecter et identifier les arômes sans toutefois pouvoir les "quantifier" (pas d'étalon) et vérifier par le même type d'analyse si ces arômes sont également présents dans mes vins ! Trop de la balle, non ! On dit bien de certains vins qu'ils ont des arômes de garrigue, me faisait remarquer en fin d'après-midi un caviste que je livrai. Pourquoi pas des vins de pensées sauvages ?
Je ne sais pas si ces investigations déboucheront sur quelque chose de réellement concret, je l'espère, ou si avec Kermit y faut qu'on arrête les champignons hallucinogènes (nous sommes très liés), mais quelle chance en tout cas il m'est donné de pouvoir être aux premières loges pour en suivre le déroulement.
Sinon, quelqu'un aurait vu mon lecteur MP3, impossible de remettre la main dessus ?
Pour ton lecteur MP3, as tu demandé à ton chien ce qu'il en avait fait ?
RépondreSupprimerSinon la démarche du groupe d'étude est très intéressante et à suivre. Une chromatographie en phase gazeuse je suppose.
Septime
C'est trop ouf, t'as trop d'la chance, j'kiffe ton histoire grave !
RépondreSupprimerPour des pensées sauvages, c'est des pensées sauvages...
RépondreSupprimerSeptime, prudence sur les seuils de quantification et de détection de la CPG (si pas couplé masse), si on est de l'ordre du picogramme, c'est pas gagné... Mais laissons faire les pros !!
PS : Lilian, je suis déçu par ton côté réfractaire aux langues, que tu ne parles pas le Goethe passe encore, mais la poule & le chien, c'est un minimum pour un paysan et tu aurais déjà retrouvé ton mp3 !!!
Deux choses :
RépondreSupprimerPuissent tes pensées rester sauvages.
Toutes les femmes ne sont pas des s******.
Stupéfiant, non?
J'adore votre humour!
RépondreSupprimerOK, tant mieux si les microorganismes nettoyent le sol des métaux lourds mais qu'en est il des traces de cuivre qui sont présents sur les baies et qui se retrouvent donc ds le mout ( car j'ai déjà vu des traces bleues bien visibles à qq jours de la vendange)
RépondreSupprimerJN L'Oeno Sensuel
Il faut espérer que le lecteur MP3 n'est pas tombé dans les vignes... Sinon le prochain millésime sentira la pomme en sus de la pensée sauvage :)
RépondreSupprimerBonjour JN,
RépondreSupprimerLe bio, quand il est bien pratiqué, ne consomme pas plus de cuivre qu'en conventionnel. Non non, ce n'est pas une blague. Dans mon secteur, en viticulture conventionnelle, deux traitements sont faits au cuivre, pour un total de 2 à 3 kgs de cuivre métal par hectare. En plus de cela sont appliqués 3 traitements chimiques en moyenne. Pour ma part, 6 traitements au cuivre pour un total de 1.8kgs de cuivre métal par année en moyenne sur les 5 dernières années. Pour 2010, année très sensible au mildiou par ici, les Bio Alsaciens ont utilisé en moyenne 1.7 kgs de cuivre métal sur l'année. Moins que les conventionnels en deux traitement, sans compter les 3 autres traitements chimiques...
Si l'on ajoute l'argument de notre ami bloggueur (merci pour l'article Lilian!), ya pas photo...
Florian Beck-Hartweg
ce n'est pas M Lynch qui a constaté une modification du goût du vin après arrachage d'un groseiller mais M Loyau marchand de vin à Tours qui était son ami
RépondreSupprimermerci de l'info !
RépondreSupprimerLB