samedi 31 juillet 2010

rénovation du cuvage

 Les travaux de rénovation du cuvage s'achèvent.

 Les murs ont été ravalés, le sol a été recouvert d'une résine pour éviter l'emploi de produits nettoyants agressifs et en faciliter le nettoyage à l'eau claire. Les cuves ciment qui ne l'étaient pas ont été équipées de portes en inox. Un local technique a été créé pour le stockage du petit matériel de vinification et l'électricité a été remise aux normes.

 Par ailleurs, cinq cuves ciment ont été enlevées. Nos prédécesseurs travaillaient douze hectares, contre sept actuellement. Nous n'avions donc plus besoin d'une telle capacité de vinification, surtout qu'avec le passage des vignes en bio, le rendement à l'hectare chute.

Cela nous a permis de gagner de l'espace, et devrait nous faciliter les travaux de vinification. L'exiguïté du lieu  nous obligeait à déplacer sans cesse une pompe, un tuyau, un bac, une rallonge électrique pour pouvoir passer d'un endroit à un autre du cuvage.


Même le vieux pressoir a été retoiletté.



  Sa dernière utilisation remonte aux années 70 (1970!). Peut-être un jour nous le réveillerons de ce long sommeil, mais ce n'est pas d'actualité.



Allez, je vous mets une photo du cuvage tel que nous l'avons trouvé à notre arrivée sur la propriété pour que vous puissiez apprécier le travail réalisé.

Avant :


Après :

Il nous reste à donner un grand coup de nettoyage pour débarrasser le cuvage de la poussière des travaux, à  mettre un dernier coup de pinceau sur nos cuves ciment et nous serons prêts pour notre prochaine campagne de vinification. J'ai hâte d'y être mais il va encore falloir faire preuve de patience avant que les raisins ne soient prêts à être vendangés !

mardi 13 juillet 2010

Hotel California

 On tient le bon bout. Presque toutes mes parcelles ont été libérées de l'herbe qui les envahissaient, les vignes les plus vigoureuses ont été relevées et cisaillées. Certes, il reste du pain sur la planche, mais les urgences ont été traitées.

 Je me suis quand même fait un peu peur. Toute cette herbe dans mes vignes pendant le passage de la fleur, avec cette forte humidité due aux pluies importantes de juin, et l'apparition des premiers foyers de mildiou, j'ai bien cru que c'était cuit.

 Heureusement, le beau temps est revenu et j'ai bénéficié du renfort de deux saisonniers dont le courage a fini par venir à bout de l'herbe poussant au pied des ceps.




  La vigne nécessite des opérations coup de poing qu'un homme seul ne peut accomplir. Pour une vendange de qualité, chaque opération doit être exécutée dans le bon timing. Ni trop tôt, ni trop tard. Un peu comme lorsqu'on danse un slow. Si on cherche à embrasser sa partenaire dès les premières notes de musique, on a toutes les chances de se faire gifler. Je le sais, j'ai essayé. Même si, à l'époque où j'écumais les dancefloors de Picardie, les femmes avaient toutes les peines du monde à cacher l'excitation qu'elles éprouvaient à la seule vue du corps du Travolta picard, comme on me surnommait alors,  il me fallait respecter les étapes de la séduction.

 D'abord, la faire rire. "On ne peut pas tourner dans l'autre sens, j'ai ma jambe de bois qui se dévisse". Ou encore, "vous marinez chez vos harengs ?". Une fois la belle séduite par mon humour subtil, convaincue dès lors que ma plastique superbe hébergeait le plus fin des esprits, bandant mes biceps, je la serrais contre moi, faisant d'elle la prisonnière consentante des bras d'airain de celui dont elle espérait désormais qu'il deviendrait pour toujours le mâle protecteur de sa future progéniture. Espoir qu'il me fallait malheureusement  dès le lendemain ruiner. Consacrer ma vie au bonheur d'une femme revenait à faire le malheur de toutes les autres.
 Pour l'heure, je la laissais savourer l'instant magique  que je lui offrais de vivre et quand, vaincue, elle s'abandonnait à mon étreinte, il ne me restait plus qu'à contrôler la fermeté de sa croupe et la qualité de sa denture, avant de la libérer de l'insupportable attente de mon baiser. Elle terminait invariablement la soirée, tel un pantin désarticulé, échouée sur la banquette arrière de ma super 5 GT Turbo, jantes alu, feux longue portée, la bouche ouverte et les yeux révulsés d'adoration,  encore étonnée de la puissance sonore de ses cordes vocales, stupéfaite de l'intensité du plaisir qu'elle avait ressenti et qui la laissait sans force mais ivre de bonheur. Quant à moi, à la demande du vigile qui gardait le parking, j'avais rejoint la discothèque, les filles la désertant quand elles découvraient mon absence, pour y revenir, tel le ressac de l'océan un soir de tempête, alors que je réapparaissais.

 Et ben la vigne, c'est pareil.

 Sinon, j'attends confirmation, mais je devrais avoir ma première commande d'un restaurateur. A Paris, dans le Marais. Si c'est confirmé, j'irais fêté ça en boite de nuit, tiens. Ça fait longtemps qu'on y est pas allé avec ma femme.

Bon, allez je vous laisse.  Faut que je sorte les poubelles.


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