vendredi 28 mai 2010

Le schyzo nouvo est arrivé

 Je n'y comprends plus rien.

 D'un côté, on réfléchit, dans les hautes sphères du Beaujolais viticole, à augmenter les rendements de 52 à 60 hectolitres hectare pour la  prochaine campagne. De l'autre, on  valide la baisse du volume de primeur autorisé en le passant à 25 hectolitres hectare (La règle en vigueur est que seule une partie de la production peut être mise en marché en Beaujolais Nouveau. Le plafond était de 35 hectolitres hectare jusqu'alors ).

 D'un côté, on nous dit, qu'en augmentant les volumes de production autorisés à l' hectare, cela se traduira par une baisse du prix de revient au bénéfice du viticulteur. De l'autre, on prétend qu'en diminuant la part du volume de primeurs sur cette production , on permettra un rééquilibrage de l'offre et de la demande des Beaujolais Nouveau et par là, la garantie d'un niveau de prix acceptable pour les producteurs...

 Je crois que ceux qui président aux destinées du Beaujolais devraient arrêter de fumer du cannabis, dont la consommation excessive entraîne des comportements schizophréniques. A moins que ceux qui tentent d'imposer une augmentation des rendements globaux ne soient pas les mêmes que ceux qui veulent diminuer le volume de Beaujolais  Nouveau...

 C'est en tout cas une nouvelle preuve du peu d'importance que l'on accorde à la viticulture bio. Vouloir augmenter les rendements de 52 hectares à 60 peut laisser songeur. Mais cette volonté discutable n'a pas d'impact sur la  liberté d'action et le travail des bios, dont les rendements moyens n'excèdent de toute façon pas les 35 hectos. Par contre, en décidant de diminuer le volume de primeur autorisé à l'hectare, on risque de pénaliser fortement les bios qui ont pu, qui ont su, devant l'intérêt croissant des consommateurs pour ce type de production, développer des marchés leur permettant de vinifier et d'écouler toute leur production en Beaujolais Nouveau, alors qu'il est plus difficile, malgré l'intérêt croissant pour les produits bios, de vendre des Beaujolais ou des Beaujolais-Villages, en dehors de la période des primeurs. Mais les bios sont marginaux et leur problèmes ne comptent pas... Et quand bien même il existe également des viticulteurs conventionnels qui ont su développer leur marché de primeurs dans la limite des 35 hectos hectare, là aussi, on considère qu'ils sont minoritaires et que la loi du plus grand nombre doit s'appliquer... Les plus actifs doivent donc se sacrifier sur l'autel de l'union sacrée de la viticulture du Beaujolais.

 Cette volonté qu'il y a ici à gérer le travail des viticulteurs, comme si le vin était un produit agricole de première nécessité, indispensable à notre sécuritaire alimentaire, me dépasse: on raisonne prioritairement rendement, optimisation du prix de revient, volonté de régulation des prix marché par le calage de l'offre sur une projection de la future demande , quand il faudrait avant tout raisonner qualité, valorisation de la production, encouragement aux initiatives individuelles, ou collectives qui vont dans ce sens. Pourquoi ne pas laisser plus de liberté de manœuvre à ceux qui se relèvent les manches pour vivre du fruit de leur travail ? Pourquoi contraindre dans leurs initiatives les plus performants d'entre eux sur le plan économique ? Et surtout, à quoi servent les grenelles de l'environnement où on encourage les agriculteurs à produire plus propres, si par la suite des émanations déconcentrées de l'Etat  comme l'INAO ou des instances de représentation de la profession validées et contrôlées par l'INAO décident d'option qui vont à contre-sens de cette volonté politique ? Nos institutions seraient elles schizophrènes ?







1 commentaire:

  1. Allez, je te fais frétiller et te post un commentaire!!!
    Je crois, malheureusement, qu'il faut essayer de passer outre les décisions de nos grands chefs...et surtout d'essayer de travailler sans eux. Parce que, par exemple, quand tu te dis que tu va faire du Nouveau, tu travailles pour ça ( et ça commence déjà!)...au moment final et crucial des agréments, ils peuvent tout foutre en l'air en déclassant ton vin en VDT...
    Alors, moi j'ai appris à être réactive et quand mon vin est déclassé, au lieu de vouloir tout casser à l'Inter!!!(ça c'est quand j'étais jeune!!), je vends mon vin en VDT...Maintenant, il y a même plein de cuvées que je ne présente plus à l'AOC...trop bon!!!Que ce soit des Beaujolais Villages ou des Moulin à Vent...
    Je me suis mis dans la tête depuis 10 ans, qu'un jour, on ne fera plus de Nouveau...parce qu'il n'y aura plus de demande, et parce que je trouve cela de plus en plus dommage d'en faire avec les si beaux raisins que l'on peut avoir en bio!Même si moi, j'aime beaucoup ça, le Nouveau!!!
    Et je ne suis pas d'accord: il y a de la demande tout au long de l'année sur des vins "beaujolais",des pur jus Gamay...C'est le vin de notre époque: facile, digeste, élégant,pas trop lourd, qui s'accompagne avec tout, qui est agréable dès l'ouverture de la bouteille...
    Je crois que les "gens" ne sont pas si durs que nous face à cette appellation Beaujolais! il ne faut pas "bloquer". C'est une magnifique appellation, suffit d'en être convaincu pour en convaincre le client!!!
    Pour rien au monde, je voudrai faire du vin dans une autre région, j'aime trop le gamay et ce que l'on peut en faire, quand on le fait bien!!
    Mais tiens, j'y pense, ce serait pas ça un vin de copain!!!
    cf/ Facebook: évènement "vendredis du vin: vin de copain!!
    Courage...
    Isabelle, les côtes de la Molière en BEAUJOLAIS!

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