dimanche 2 mai 2010

La phyt'attitude

 Je suis bio, alors la biodiversité, je suis pour. Mais bon, y'a des limites quand même. Les chardons par exemple. C'est sympa les chardons. C'est joli quand c'est en fleurs. Le problème, c'est qu'ils commencent à envahir une de mes parcelles et je sais pas trop comment m'en débarrasser. J'ai beau les dégager à la houe, trois jours plus tard, ils repointent le bout de leur nez. Que faire ? Il y a bien les herbicides. Mais je ne sais pas si mon contrôleur Ecocert va être d'accord. En même temps, que vont devenir les chimistes quand tous les agriculteurs seront en bio ? Peut on revendiquer le droit à la biodiversité et participer à l'extinction d'une industrie qui fait vivre des millions de gens à travers le monde ?  Et les centrales d'épuration des eaux ? Vous savez combien ça coute une centrale d'épuration ? On ne peut pas abandonner tout ça comme ça du jour au lendemain. Y'a déjà assez de chômeurs comme ça. Sans compter que l'agriculture conventionnelle fait aussi avancer la recherche médicale. Les agriculteurs représentent une clientèle importante pour les cancérologues et les neurologues. Il ne faudrait pas les priver de cette population qui leur permet de faire avancer la recherche.



J'ai trouvé cette info sur les phrases de risques des produits chimiques sur le site de la chambre d'agriculture de ma région, en bas du bulletin sanitaire hebdomadaire que la chambre met à la disposition des viticulteurs du Beaujolais. Je le dis pour ceux qui ne le sauraient pas, le gars en tenue verte et avec des gants, c'est pas un cancérologue qui sort du bloc. C'est juste un mec cool, qui a la phyt'attitude, et qui préfère appliquer le principe des "preuves insuffisantes" au principe de précaution.


A part ça, la nuit dernière, un renard est venu dans mon poulailler et en est reparti avec cinq de mes poules. Qu'est-ce qu'elles lui ont fait mes poules pour qu'il s'en prenne à elles comme ça ? Il n'a laissé qu'une poule et le coq. Sans doute pour qu'ils puissent se reproduire. Parce que je suppose que le renard, comme tout le monde, il est quand même pour la biodiversité.

4 commentaires:

  1. Jean-Michel COMME Pontet-Canet3 mai 2010 08:46

    Les chardons et les autres plantes, il faut surtout se demander pourquoi ils sont là.
    C'est plus compliqué mais beaucoup plus satisfaisant pour l'avenir et la qualité des vins.
    Cordialement,

    JM COMME

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  2. Les chardons sont en général attirés par un sol riche en matière organique mais dans des conditions anaérobiques (sol tassé avec de l'humidité stagnante...). Il y a plusieurs solutions dont la première est d'aérer avec un cultivateur plutôt costaud (dents michel ou autre) et d'extirper les racines avec un extracteur à ailettes ou pattes d'oie... Bon, c'est un peu violent et il faut le matos. L'inconvénient est aussi d'activer un peu trop le sol et de provoquer une libération trop forte d'azote. La deuxième que j'ai essayé, est de semer de l'avoine en Octobre, assez dense. Ca marche plutôt bien, l'avoine étouffe le chardon. J'ai alterné des parties avec avoine et sans... il n'y a pas photo, l'avoine fonctionne, et en plus elle amène de la matière organique quand on la détruit... en juin ou en mai. L'inconvénient, il faut semer tout de suite après les vendanges... pendant les pigeages... et les soirées beuveries (il faut bien vider les cuves de l'année précédente...!)

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  3. Jean-Michel, merci de m'inciter à me poser les bonnes questions quant à mes pratiques. Et un grand merci à Marc d'y apporter une réponse ! C'est vrai que le sol de la parcelle où pousse ces chardons est riche en matière organique. Un ancien pré à vaches converti en vignes il y a une quarantaine d'années. Je le restituerai bien aux vaches mais au prix où le lait se vend en ce moment, je pense qu'il est préférable pour moi de continuer à y faire pousser du raisin, même si c'est pas toujours évident de vendre son vin :-) J'ai eu récemment un échange sur les chardons avec un collègue bio du Beaujolais. Il m'a dit qu'il en avait pas mal dans ces vignes lorsqu'il s'était mis en bio mais qu'ils avaient fini par disparaitre naturellement en bout de trois quatre ans ! Il avait ajouté lors de notre conversation que les racines des chardons, pivotantes et traçantes, contribuaient naturellement à la décompaction du sol. Qu'il fallait donc que je limite leur expansion, sans toutefois les éradiquer. C'est ce que je tente de faire, mais c'est du boulot ! Si je m'en sors pas , j'essaierai l'avoine l'année prochaine ...
    Merci à vous deux.

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  4. C'est vrai que ça va disparaître naturellement et que toujours aussi naturellement l'herbe va s'implanter. Tout dépend ce que tu recherches: un enherbement total ( on le fait sur 2 petites parcelles assez jeunes et là il faut prendre la débrouissailleuse à dos tous les 10 jours...)) ou si tu veux maîtriser tant que tu peux.
    Attention aussi aux conseils de vignerons d'autres régions qui sont plantés assez larges ou qui ont leurs ceps montés! Nous, nos ceps se retrouvent vite sous terre, vite dans l'herbe et c'est vite ingérable!
    Bref, je sais que ce ne sont pas vraiment des conseils...Mais c'est tout ce que je peux te dire! Bon courage! Isabelle

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