La taille n'est pas encore terminée, mais on tient le bon bout ! Samedi prochain, si tout se passe bien, ça devrait être fini. Depuis que j'ai le soutien d'Adrien, le rythme s'est considérablement accéléré. Adrien est prestataire de services en viticulture. Il m'aide depuis un peu plus d'un an et m'a été du plus grand secours pour mon premier millésime.
Cette année, il m'a rejoint début Février et nous avons taillé ensemble quatre hectares sur les sept que nous vinifions aux Bachelards. Hier, nous avons terminé les Moulin-à-Vent de la parcelle située sur les hauteurs de Chénas. Au sud, à 500 mètres environ, on voyait Michel Guignier labourant au cheval une des ses parcelles. Au nord, à 200 mètres, un autre viticulteur faisait brûler tout un tas de saloperies, et du feu s'échappait une épaisse fumée noire ainsi qu'une abominable odeur de plastique cramé qui nous a empesté les narines toute la journée. Adrien est allé jeter un œil ce matin aux restes calcinés. L'affreux bonhomme avait fait bruler, en plein milieu de ses vignes, des vieux tuyaux en plastique ! Je me demande comment on peut faire ce genre de trucs quant on vit le plus clair de son temps au contact de la nature. Étrange de voir à un bout de la chaine, des gens comme Michel Guignier qui sont obsédés par le respect de la nature (culture en biodynamie, vinification naturelle) et à l'autre bout des gens qui videraient leur huile de vidange au ruisseau sans sourciller. Je sais qu'il faut de tout pour faire un monde mais en l'occurrence j'ai l'impression que certains le font plus que d'autres !
Ce matin, nous avons attaqué la dernière parcelle de Moulin située sur la commune de Romanèche-Thorins. De la parcelle, on a une vue sur le hameau du Moulin plutôt sympathique, comme vous pouvez en juger.
Si on ne se laisse pas envouter par la beauté du paysage, ça devrait être fini samedi. Il ne me restera plus que mes 50 ares de vignes de Fleurie sur cordon à tailler et ça sera la quille ! ... Enfin pas pour longtemps, parce qu'il va falloir se lancer ensuite dans les labours, puis l'épandage des engrais sur une des parcelles de Beaujolais Village aux ceps particulièrement chétifs. Mais avec parcimonie, puisqu'une fraction de l'azote apporté à la vigne par les engrais est réémis dans l'air sous forme de N2O, un gaz dont l'effet de serre est plus de 300 fois supérieur à celui du CO2 !
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