Dans notre travail conjoint de suivi des cuvées du domaine, nous avons mon œnologue et moi une divergence de point de vue pour l'une d'entre elles. J'ai beau gouter, regouter, reregouter, je perçois bien une très légère note "fumée", qui complète à mes yeux le fruit plus qu'elle ne l'épuise, qui ajoute à sa complexité aromatique, plus qu'il n'altère la qualité du vin.
Des goûts et des couleurs. Son palais expérimenté m'incline toutefois à la prudence, et nous surveillerons cela de très près.
Les fréquentes dégustations auxquelles je participe m'aide à affiner ma vision du vin. Plus je déguste les vins "produits" par l' œnologie "moderne", plus je me dis qu'ils ne sont pas à mon goût. Des vins plaisants, mais sans surprise. Sans ce supplément d'âme qui m'a donné envie d'abandonner la situation financièrement confortable dans laquelle je me trouvai pour faire du vin.
L'œnologie moderne, ses techniques, ses produits chimiques, permet au viticulteur de minimiser les risques associés à la transformation de sa vendange en vin. Ces risques sont extrêmement élevés, l'aboutissement naturel de la fermentation du jus de raisin, comme chacun sait, n'étant pas le vin mais le vinaigre. Le consommateur n'imagine pas toujours le "chemin parcouru" par le vin qu'il déguste, les pièges qu'il lui a fallu déjouer, les hésitations qui ont "guidé" les pas de son géniteur ! On peut donc comprendre que le viticulteur se range à l'avis des laboratoires œnologiques et œnologues de terrain. Il y a cependant une vrai ambiguïté à faire appel à leurs services. Pourquoi en effet faire appel aux œnologues ? Faire du vin ne nécessite pas après tout une technique aussi pointue qu'il faille faire appel à des experts de la chose. C'est un geste millénaire, réalisé dans nos vignobles, par les vignerons eux-mêmes. Mais parce que chacun d'entre eux dans sa vie de vinificateur a rencontré un jour un problème à la cave ou au cuvage compromettant l'avenir de sa cuvée, il se "sécurise", en allant chercher ailleurs la compétence qui lui fait, tout au moins partiellement, défaut; la science de la chimie du vin. D'une incroyable complexité, et dont la connaissance évolue chaque jour. On rate une mayonnaise. Tant pis, on mangera les bulots nature. On ne peut sacrifier 50 hectolitres de vin, au risque de compromettre l'équilibre financier de son domaine.
Ainsi, l'œnologie moderne offre les meilleures chances de produire un vin "loyal et marchand", selon l'expression consacrée. Des vins qui par ailleurs, répondent aux exigences du "Marché", présentant une relative homogénéité de profil au sein d'une appellation.
Malheureusement, il arrive parfois que cette homogénéité dépasse le cadre de son appellation et finisse par laisser le consommateur incapable de distinguer un Morgon d'un Julienas, un Chiroubles d'un Fleurie. Elle produit des vins monolithiques. Des vins où le fruit et la fraicheur caractéristiques du gamay sont généralement présents, mais où la complexité aromatique, justement, fait défaut. Comme un concerto joué sans orchestre, où l'on devine la composition à travers le jeu du soliste, mais où la beauté de l'œuvre s'est évanouie avec l'orchestre.
Un vin où le sol s'est effondré sous les pieds de la vigne. "Le vin est l'expression de son terroir." Combien de fois avons nous entendu , avons nous lu cette phrase ? Mais qu'est-ce qu'un terroir viticole ? Souvent résumer au sol où pousse la vigne dont est issu le vin, il désigne plus généralement une aire géographique homogène dans les ressources qu'il met à la disposition des vignerons qui y travaillent et est institutionnalisé par la notion d'appellation d'origine contrôlée.
Il n'en reste pas moins que la composante sol est déterminante dans le gout du vin. Quel autre "aliment" que le vin est en effet capable d'exprimer avec autant de "force" le sol dont il est issu, toute l'étendue de sa diversité ?
Par quelle alchimie ? Nous n'en connaissons pas encore le détail précis. Mais ce miracle ne peut s'opérer que si le vigneron laisse, partout et à chaque fois que cela est possible, la nature opérer. Chaque dégustation me renforce dans cette conviction. Je ne dis pas qu'elle est la seule voie. Mais elle est la plus sûre. La plus incertaine du point de vue économique, la plus sûre du point de vue de l'émotion, cette émotion que recherche tout amateur de vin à chaque fois qu'il ouvre une bouteille et qui devrait être le seul moteur du vigneron dans l'accomplissement de son travail.
Je crois intimement que c'est la seule solution qui vaille la peine pour le vigneron, pour le consommateur, pour la perpétuation du plaisir du vin.
« Personne ne peut fuir son coeur. C'est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu'il dit. ». J'ai décidé de faire mienne ces paroles de Paulo Coelho. Espérons que Bacchus (et mon œnologue !) me protégeront dans l'accomplissement de ce dessein !
lundi 30 novembre 2009
samedi 28 novembre 2009
Cogito, ergo sum, c'est bien ça qui m'inquiète
Le jour où Charles Darwin a inventé l'homme moderne, il aurait mieux fait d'aller boire une pinte au pub du coin. Homo Erectus s'étiolait avec l'âge de pierre, il est vrai. Mais fallait il pour autant créer Homo Sapiens ?
Avoir retiré à l'homme quelques poils en échange d'un cerveau de 1500 cm3 à double lobes et cortex intégral, l'Humanité n'y a pas gagné au change, croyez moi. D'ailleurs, pour être homme, l'Homo Sapiens, n'en continue pas moins d'appartenir à l'ordre des primates. Quand on voit l'excitation avec laquelle il continue de se ruer sur le peu de poils que la théorie de l'évolution a laissé à sa partenaire, cela ne laisse aucun doute. Certes, on ne s'épouille plus. On préfère s'épouser. Est-ce pour autant une preuve irréfutable de l' Évolution de notre Espèce ?
Au début, tout le monde courait nu dans les bois, à manger des mammouths en veux-tu, à manger des myrtilles en voilà. Quelques réflexions plus loin, celles des esprits les plus brillants qui ont façonné notre Histoire, me voilà dans ma voiture à l'arrêt, sur le périphérique, à bouffer des gaz d'échappement. Autour de moi, des primates, en veux-tu, des primates en voilà. Les mâles dominants assis sur un siège en cuir, au volant d'un 4X4.
Mon absence prolongée sur ce blog n'est donc pas due à la grippe qui m'aurait cloué au lit, mais à un déplacement en région parisienne pour affaires. J'aime l'expression " pour affaires" ; c'est une de ses inventions langagières qui permet à certains hommes d'affirmer ostensiblement leur supériorité sur les autres primates.
Assis dans ma voiture donc, au milieu de mes frères humains, j'ai pu mesurer combien l'homme avait réussi à façonner le monde à son image. Peut-être aurions nous du laisser sa femme s'en charger ?
En tout cas, je suis bien content d'être rentré. Je vais pouvoir démarrer la taille et mettre mon cerveau au placard. Ça fera moins de dégâts, même si je n'ai pas la prétention de penser que je peux participer à la formidable marche du Progrès.
Avoir retiré à l'homme quelques poils en échange d'un cerveau de 1500 cm3 à double lobes et cortex intégral, l'Humanité n'y a pas gagné au change, croyez moi. D'ailleurs, pour être homme, l'Homo Sapiens, n'en continue pas moins d'appartenir à l'ordre des primates. Quand on voit l'excitation avec laquelle il continue de se ruer sur le peu de poils que la théorie de l'évolution a laissé à sa partenaire, cela ne laisse aucun doute. Certes, on ne s'épouille plus. On préfère s'épouser. Est-ce pour autant une preuve irréfutable de l' Évolution de notre Espèce ?
Au début, tout le monde courait nu dans les bois, à manger des mammouths en veux-tu, à manger des myrtilles en voilà. Quelques réflexions plus loin, celles des esprits les plus brillants qui ont façonné notre Histoire, me voilà dans ma voiture à l'arrêt, sur le périphérique, à bouffer des gaz d'échappement. Autour de moi, des primates, en veux-tu, des primates en voilà. Les mâles dominants assis sur un siège en cuir, au volant d'un 4X4.
Mon absence prolongée sur ce blog n'est donc pas due à la grippe qui m'aurait cloué au lit, mais à un déplacement en région parisienne pour affaires. J'aime l'expression " pour affaires" ; c'est une de ses inventions langagières qui permet à certains hommes d'affirmer ostensiblement leur supériorité sur les autres primates.
Assis dans ma voiture donc, au milieu de mes frères humains, j'ai pu mesurer combien l'homme avait réussi à façonner le monde à son image. Peut-être aurions nous du laisser sa femme s'en charger ?
En tout cas, je suis bien content d'être rentré. Je vais pouvoir démarrer la taille et mettre mon cerveau au placard. Ça fera moins de dégâts, même si je n'ai pas la prétention de penser que je peux participer à la formidable marche du Progrès.
samedi 21 novembre 2009
Fuyons la nouveauté. Vive le Beaujolais Nouveau !
Décidément, ça veut pas passer. J'ai terminé ce matin le décavaillonnage de ma première parcelle de Fleurie entrepris hier, et je n'ai cessé de penser, du haut de mon tracteur, à cette histoire de Beaujolais Nouveau qui ne serait pas un vrai vin. Je me suis dit qu'il fallait que je revienne là dessus pour exprimer le fond de ma pensée. Avant d'écrire mon post, j'ai jeté un coup d'œil à ma boîte mails où j'ai trouvé un message de Laurent Dupéré Barrera m'écrivant, je cite " Je pense que quelque part nous partageons une idée proche de ce qu'est un vrai vin et je tiens à te dire que je considère que le beaujolais en regorge probablement..."
Merci Laurent pour ses précisions. Il y avait dans mon post d'hier plus de déception que de vindicte, à entendre une fois de plus le sempiternel discours de l"imbuvabilité" du Beaujolais Nouveau. Surtout émanant d'un vigneron, qui sait ce que faire du vin peut représenter comme efforts.
Je ne dis pas que le Beaujolais Nouveau est le meilleur des vins. Je ne suis pas un adepte de ces contre-la-montre qu'impose l'exercice; levurage pour garantir la FA, bactéries lactiques pour la FML voire coinoculation, thermo vinification pour que le fruit explose ... autant de pratiques que je ne cautionne pas. Il n'en reste pas moins que j'ai goûté cette année un certain nombre de primeurs réalisés par des collègues bios, dans le respect de leur matière, et dont le résultat est des plus séduisants. D'accord pour dire que le Beaujolais Nouveau est un vin marketé, pas d'accord pour dire que tous les Beaujolais Nouveau se valent et qu'ils ne sont pas de vrais vins.
Mais au delà de ce débat sur la qualité ou l'absence de qualité gustative de ces vins, ce qui m'agace le plus dans cette critique dominante du Beaujolais Nouveau, c'est qu'elle s'attaque à la seule occasion qui nous ait encore donné dans ce pays de célébrer le vin. Du vin du Beaujolais, certes. Mais du vin quand même.Dans ce monde peu à peu amadoué, policé, aseptisé, par les hygiénistes de tout genre, j'aime cette idée de se dire: Ce soir, on se réunit pour goûter les Beaujolais de l'année. Que va t'on y trouver ? Des parfums de framboise ? De Banane ? Peu importe. On n'y trouvera d'abord et surtout le plaisir d'être ensemble autour d'une bouteille de vin.
Pour moi, le vin, c'est cela. Un vecteur de ce lien social qui fait de plus en plus défaut à notre société.
Alors si ce n'est déjà fait, goûtez le Beaujolais Nouveau 2009. Vous verrez, c'est un bon millésime !
Merci Laurent pour ses précisions. Il y avait dans mon post d'hier plus de déception que de vindicte, à entendre une fois de plus le sempiternel discours de l"imbuvabilité" du Beaujolais Nouveau. Surtout émanant d'un vigneron, qui sait ce que faire du vin peut représenter comme efforts.
Je ne dis pas que le Beaujolais Nouveau est le meilleur des vins. Je ne suis pas un adepte de ces contre-la-montre qu'impose l'exercice; levurage pour garantir la FA, bactéries lactiques pour la FML voire coinoculation, thermo vinification pour que le fruit explose ... autant de pratiques que je ne cautionne pas. Il n'en reste pas moins que j'ai goûté cette année un certain nombre de primeurs réalisés par des collègues bios, dans le respect de leur matière, et dont le résultat est des plus séduisants. D'accord pour dire que le Beaujolais Nouveau est un vin marketé, pas d'accord pour dire que tous les Beaujolais Nouveau se valent et qu'ils ne sont pas de vrais vins.
Mais au delà de ce débat sur la qualité ou l'absence de qualité gustative de ces vins, ce qui m'agace le plus dans cette critique dominante du Beaujolais Nouveau, c'est qu'elle s'attaque à la seule occasion qui nous ait encore donné dans ce pays de célébrer le vin. Du vin du Beaujolais, certes. Mais du vin quand même.Dans ce monde peu à peu amadoué, policé, aseptisé, par les hygiénistes de tout genre, j'aime cette idée de se dire: Ce soir, on se réunit pour goûter les Beaujolais de l'année. Que va t'on y trouver ? Des parfums de framboise ? De Banane ? Peu importe. On n'y trouvera d'abord et surtout le plaisir d'être ensemble autour d'une bouteille de vin.
Pour moi, le vin, c'est cela. Un vecteur de ce lien social qui fait de plus en plus défaut à notre société.
Alors si ce n'est déjà fait, goûtez le Beaujolais Nouveau 2009. Vous verrez, c'est un bon millésime !
vendredi 20 novembre 2009
Faîtes labour, pas la guerre
Trois jours passés à cogner comme un marteau sur des échalas pour protéger mes ceps. Et me voilà enfin ce matin sur mon tracteur pour décavaillonner ma première parcelle, avec deux semaines de retard sur mon planning. Taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars. Je crois que cette année, ce n'est pas moi qui vais faire mentir le dicton...
Une fois de plus, cette journée fût difficile. Pas physiquement, au contraire des trois jours précédents (mon bras gauche commence à ressembler à celui de Rafael Nadal), mais psychologiquement. Dès le premier rang, 3 ceps arrachés par mes socs décavaillonneurs ! Quelques tours de clés de 24, et de 13 au bout du rang, et me voilà reparti. De ci, de là, un cep ne résiste pas à mon passage mais ce n'est plus une question de réglage; tout simplement le "fruit" de 30 ans de "non labour". Des ceps dont le système racinaire affleure à la surface du sol, incompatibles avec le nouveau mode de conduite de mes vignes. "C'est normal les premières années" m'ont dit des collègues bios du beaujolais. Peut-être normal, mais qu'est-ce que ça fait mal. Chaque cep arraché est un coup de poignard. Combien d'heures ai-je déjà passé dans mes vignes ? J'entre chaque jour un peu plus en résonance avec elles. Je fais corps avec elles et chaque cep arraché est une souffrance.
Combien de ceps ai-je encore arraché aujourd'hui malgré le travail de protection réalisé ces derniers jours ? Cinquante ? Cent ? Une journée déprimante qu'il me faudra vite oublier.
La nuit tombe, je rentre à la maison. Je jette un oeil sur le site de Remi Loisel pour voir quels sont les derniers billets publiés par les collègues vignerons sur leurs blogs. Les Dupéré Barrera ont écrits aujourd'hui un billet s'intitulant "Beaujolais Nouveau ou nouvelle commande". Forcement, même si je ne fais pas de beaujolais Nouveau, ce titre m'interpelle et m'amène à lire le billet. J'y ai lu la phrase suivante : "Cette année donc il avait commandé très peu de beaujolais nouveau et souhaitait plutôt mettre en avant du vrai vin. "
Juste une question, c'est quoi du vrai vin ? Je croyais en avoir bu ce soir ; un vin primeur de ma cave, vinifié en méthode traditionnelle, levures indigènes, sans chaptalisation, issu de raisins d'une de mes parcelles de Beaujolais Village. Un petit vin sans prétention, mais tellement agréable à boire. Mais je dois me tromper. Comme une multitude de viticulteurs du Beaujolais qui assistent impuissants au lynchage de leur vignoble.
Allez, je vais pas tarder à aller me coucher.
Demain sera un autre jour.
Une fois de plus, cette journée fût difficile. Pas physiquement, au contraire des trois jours précédents (mon bras gauche commence à ressembler à celui de Rafael Nadal), mais psychologiquement. Dès le premier rang, 3 ceps arrachés par mes socs décavaillonneurs ! Quelques tours de clés de 24, et de 13 au bout du rang, et me voilà reparti. De ci, de là, un cep ne résiste pas à mon passage mais ce n'est plus une question de réglage; tout simplement le "fruit" de 30 ans de "non labour". Des ceps dont le système racinaire affleure à la surface du sol, incompatibles avec le nouveau mode de conduite de mes vignes. "C'est normal les premières années" m'ont dit des collègues bios du beaujolais. Peut-être normal, mais qu'est-ce que ça fait mal. Chaque cep arraché est un coup de poignard. Combien d'heures ai-je déjà passé dans mes vignes ? J'entre chaque jour un peu plus en résonance avec elles. Je fais corps avec elles et chaque cep arraché est une souffrance.
Combien de ceps ai-je encore arraché aujourd'hui malgré le travail de protection réalisé ces derniers jours ? Cinquante ? Cent ? Une journée déprimante qu'il me faudra vite oublier.
La nuit tombe, je rentre à la maison. Je jette un oeil sur le site de Remi Loisel pour voir quels sont les derniers billets publiés par les collègues vignerons sur leurs blogs. Les Dupéré Barrera ont écrits aujourd'hui un billet s'intitulant "Beaujolais Nouveau ou nouvelle commande". Forcement, même si je ne fais pas de beaujolais Nouveau, ce titre m'interpelle et m'amène à lire le billet. J'y ai lu la phrase suivante : "Cette année donc il avait commandé très peu de beaujolais nouveau et souhaitait plutôt mettre en avant du vrai vin. "
Juste une question, c'est quoi du vrai vin ? Je croyais en avoir bu ce soir ; un vin primeur de ma cave, vinifié en méthode traditionnelle, levures indigènes, sans chaptalisation, issu de raisins d'une de mes parcelles de Beaujolais Village. Un petit vin sans prétention, mais tellement agréable à boire. Mais je dois me tromper. Comme une multitude de viticulteurs du Beaujolais qui assistent impuissants au lynchage de leur vignoble.
Allez, je vais pas tarder à aller me coucher.
Demain sera un autre jour.
jeudi 19 novembre 2009
Le vin: une boisson hautement énergisante
Un pavé dans la mare des hygiénistes ! L'éminent docteur Geneti, professeur aux hospices de Beaune, nous dévoile, après une vie consacrée à l'étude du vin, les bienfaîts associés à sa consommation modérée (une bouteille par jour, pas plus, et pendant les repas, surtout pour les sportifs, ceux qui font de la compétition, les autres peuvent en boire quand ils veulent, enfin je vais laisser parler le docteur Geneti, il vous expliquera mieux que moi.)
Voilà qui devrait relancer la consommation !
retrouver ce média sur www.ina.fr
Voilà qui devrait relancer la consommation !
mardi 17 novembre 2009
passage aux forts ceps
Les ceps, dans le beaujolais des crus, sont conduits pour la plupart "en gobelet". Point ou peu de tronc, de deux à cinq bras, idéalement quatre, s'élançant de la base et formant une main (un gobelet).
La taille s'opère sur la base des sarments du millésime précédent; des yeux conservés repartiront les rameaux de l'année prochaine, provoquant un long mais inexorable allongement des bras, où la sève nourricière aura de plus en plus de mal à se frayer un chemin. On appelle "corne" les bras qui ne portent plus à leur extrémité de sarments de l'année et qu'il faut donc couper.
Une nouveau bras sera formé dans le meilleur des cas à partir d'un gourmand. Les raisons pour lesquelles les bras deviennent "stériles" sont multiples; la difficulté de parcours de la sève due aux tailles successives, je viens de l'évoquer mais aussi les maladies, les mauvaises conditions pédologiques ( sol mal drainé, sol toxique, concurrence de l'herbe trop forte), les mauvaises conditions climatiques ( le vent, le gel, l'excès d'eau qui asphyxie la plante), et les blessures provoquées par le passage de l'homme, des animaux et surtout des tracteurs. Les premières années de mutation d'un vignoble en bio sur des vignes en gobelet sont particulièrement traumatisantes pour les ceps. Mes sols pour la plupart n'ont pas vu de charrues depuis 30 ans. Pendant toutes ces années, le système racinaire n'a jamais été chahuté, les racines n'ont jamais eu besoin de plonger pour "se mettre à l'abri" des charrues. Je ne compte pas le nombre de ceps arrachés l'an dernier lors des premiers labours (ce décompte morbide me ferait trop mal au ventre !). Je viens d'achever de couper les cornes des ceps de mes sept hectares et là aussi j'ai pu constaté les dégats. Combien de bras blessés par les outils de travail des sols ai-je du supprimer ? Plusieurs milliers. Combien de ceps ai-je vu enracinés au sol par une minuscule racine, les autres ayant été sectionnées par les charrues ? Plusieurs centaines. Mais on a coutume de dire que ce qui ne tue pas rend plus fort. J'espère que ce sera le cas pour les ceps qui ont résisté à cette première tempête.
Il est temps maintenant de passer à l'étape suivante : Recontrôler mes cinquante mille ceps, en vérifier un à un la qualité de "l'ancrage" au sol, la robustesse du tronc. Repérer ceux dont la structure est assez solide pour ne pas avoir de précaution particulière à prendre (heureusement la plupart!), ceux d'entre eux qui , chahutés par les premiers labours, méritent toutefois d'être protégés par des échalas, et enfin ceux qui ne semblent plus tenir à la vie que par l'opération du Saint Esprit et pour lesquels toute protection semble illusoire. Ceux là seront livrés en pâture aux charrues et il ne me reste plus qu'à leur souhaiter bonne chance ;-(
Ce travail de protection des vignes est primordial. Certes, on peut toujours complanter. Mais il faut quatre ans avant qu'un cep produise. Et de surcroît, pour faire de bons vins, rien ne vaut de veilles vignes, c'est bien connu.
J'ai 2300 échalas en stock. J'espère en avoir assez.
Le bio n'est décidement pas un long fleuve tranquille. J'en fais chaque jour l'expérience grandissante.
La taille s'opère sur la base des sarments du millésime précédent; des yeux conservés repartiront les rameaux de l'année prochaine, provoquant un long mais inexorable allongement des bras, où la sève nourricière aura de plus en plus de mal à se frayer un chemin. On appelle "corne" les bras qui ne portent plus à leur extrémité de sarments de l'année et qu'il faut donc couper.
Une nouveau bras sera formé dans le meilleur des cas à partir d'un gourmand. Les raisons pour lesquelles les bras deviennent "stériles" sont multiples; la difficulté de parcours de la sève due aux tailles successives, je viens de l'évoquer mais aussi les maladies, les mauvaises conditions pédologiques ( sol mal drainé, sol toxique, concurrence de l'herbe trop forte), les mauvaises conditions climatiques ( le vent, le gel, l'excès d'eau qui asphyxie la plante), et les blessures provoquées par le passage de l'homme, des animaux et surtout des tracteurs. Les premières années de mutation d'un vignoble en bio sur des vignes en gobelet sont particulièrement traumatisantes pour les ceps. Mes sols pour la plupart n'ont pas vu de charrues depuis 30 ans. Pendant toutes ces années, le système racinaire n'a jamais été chahuté, les racines n'ont jamais eu besoin de plonger pour "se mettre à l'abri" des charrues. Je ne compte pas le nombre de ceps arrachés l'an dernier lors des premiers labours (ce décompte morbide me ferait trop mal au ventre !). Je viens d'achever de couper les cornes des ceps de mes sept hectares et là aussi j'ai pu constaté les dégats. Combien de bras blessés par les outils de travail des sols ai-je du supprimer ? Plusieurs milliers. Combien de ceps ai-je vu enracinés au sol par une minuscule racine, les autres ayant été sectionnées par les charrues ? Plusieurs centaines. Mais on a coutume de dire que ce qui ne tue pas rend plus fort. J'espère que ce sera le cas pour les ceps qui ont résisté à cette première tempête.
Il est temps maintenant de passer à l'étape suivante : Recontrôler mes cinquante mille ceps, en vérifier un à un la qualité de "l'ancrage" au sol, la robustesse du tronc. Repérer ceux dont la structure est assez solide pour ne pas avoir de précaution particulière à prendre (heureusement la plupart!), ceux d'entre eux qui , chahutés par les premiers labours, méritent toutefois d'être protégés par des échalas, et enfin ceux qui ne semblent plus tenir à la vie que par l'opération du Saint Esprit et pour lesquels toute protection semble illusoire. Ceux là seront livrés en pâture aux charrues et il ne me reste plus qu'à leur souhaiter bonne chance ;-(
Ce travail de protection des vignes est primordial. Certes, on peut toujours complanter. Mais il faut quatre ans avant qu'un cep produise. Et de surcroît, pour faire de bons vins, rien ne vaut de veilles vignes, c'est bien connu.
J'ai 2300 échalas en stock. J'espère en avoir assez.
Le bio n'est décidement pas un long fleuve tranquille. J'en fais chaque jour l'expérience grandissante.
lundi 16 novembre 2009
Boire souvent de grand rendon, le dos au feu, le ventre à table, avant partir de la maison
Un Bachellard désignait en vieux français, un jeune amoureux. Cette définition, tirée du "dictionnaire du vieux langage françois", rédigé par François Lacombe à la fin du XVIII ième , n'a plus sens aujourd'hui. Le nom de notre domaine, le Château des Bachelards, dont les fondations remontent au XVieme siècle, tiendrait il son origine de l'histoire de cœur d'un jeune homme beaujeaulois du moyen-âge ? Est-ce la force de cet amour, qui, au delà des âges, me conduit à chanter sur ce blog les louanges de la Femme, chaque jour un peu plus fort, chaque jour un peu plus faux ?
J'ai aussi trouvé dans un autre livre ancien la description de l'itinéraire à suivre jusqu'à Fleurieu, notre village (Fleurie). C'est assez drôle à lire. On ne comprend pas tous les termes, mais on perçoit assez facilement le sens du propos :
"A lui qui me venoit hier et moult aimoit mon vin clair et moult me le disoit bon à boivre, si je disois que je fusse oultré de le voir tant avinoté, je mentirois. Adonc, celui qui aussi voloir de mes douceurs gobeloter, voilà le chemin qu'il est dosné de prendre jusqu'à Fleurieu.
Amusant non ! (Sinon, je peux vous livrer aussi avec mon Berlingo.)
Allez pour finir, quelques définitions extraites de ce dictionnaire. (pour les vignerons qui exportent au Québec) :
-Sacher : tirer du vin
-Bottes de Saint Benoît : tonneau de vin
-Enche : le canal d'un pressoir à vin
-Bouta : une futaille de vin, un tonneau
-Flaische : flacon, bouteille à mettre du vin
-Glic de jambons et de bouteilles : signifie avoir provision de viandes et de vin
-Vadele : ivre, plein de vin
-Aviné, Avinoté : ivre, plein de vin
-Soquel : Sorte d'impôts sur le vin accordée à des villes sous forme d'octroi
-Rause : lie de vin, tartre qui s'attache au tonneau
-Horion : un coup sur la tête, ou un verre de vin
-Moule de bonnet : cruche de vin pleine
-Poutarras : grand pot de terre pour tirer le vin qui contient douze à quinze pintes
-Olusier : marchand qui vend du vin en fraude, qui ne paie point les droits
-Ginguet : petit vin sans force et sans goût
-Souquet : équivalent de vin
-Dercoma : vin mêlé avec de l'eau
-Cantabrune : flacon plein de vin à l'usage des paysans de Provence et de Gascogne
-Avallage : descendre du vin à la cave
J'ai aussi trouvé dans un autre livre ancien la description de l'itinéraire à suivre jusqu'à Fleurieu, notre village (Fleurie). C'est assez drôle à lire. On ne comprend pas tous les termes, mais on perçoit assez facilement le sens du propos :
"A lui qui me venoit hier et moult aimoit mon vin clair et moult me le disoit bon à boivre, si je disois que je fusse oultré de le voir tant avinoté, je mentirois. Adonc, celui qui aussi voloir de mes douceurs gobeloter, voilà le chemin qu'il est dosné de prendre jusqu'à Fleurieu.
Chevauchoie grande voye, venant du nord, pour mener prendre droite voye au poste de Belleville, venant du sud, pour mener prendre droite voye au poste de Mascon. Chevauchoie par de la nationale, et Gauchir vers Fleurieu. ( Point n'est à couarder à poyer soquel et gabelle, Sire Sarkozy l'ayant levé de par le paquet fiscal ) A senestre, avant le bourg, les "Bachelards" vous verrois."
Amusant non ! (Sinon, je peux vous livrer aussi avec mon Berlingo.)
Allez pour finir, quelques définitions extraites de ce dictionnaire. (pour les vignerons qui exportent au Québec) :
-Sacher : tirer du vin
-Bottes de Saint Benoît : tonneau de vin
-Enche : le canal d'un pressoir à vin
-Bouta : une futaille de vin, un tonneau
-Flaische : flacon, bouteille à mettre du vin
-Glic de jambons et de bouteilles : signifie avoir provision de viandes et de vin
-Vadele : ivre, plein de vin
-Aviné, Avinoté : ivre, plein de vin
-Soquel : Sorte d'impôts sur le vin accordée à des villes sous forme d'octroi
-Rause : lie de vin, tartre qui s'attache au tonneau
-Horion : un coup sur la tête, ou un verre de vin
-Moule de bonnet : cruche de vin pleine
-Poutarras : grand pot de terre pour tirer le vin qui contient douze à quinze pintes
-Olusier : marchand qui vend du vin en fraude, qui ne paie point les droits
-Ginguet : petit vin sans force et sans goût
-Souquet : équivalent de vin
-Dercoma : vin mêlé avec de l'eau
-Cantabrune : flacon plein de vin à l'usage des paysans de Provence et de Gascogne
-Avallage : descendre du vin à la cave
vendredi 13 novembre 2009
Con te partiro, moi aussi
Depuis 1996, le braille est présent sur les étiquettes de vins de la maison Chapoutier. Lorsqu'on demande pourquoi à Michel Chapoutier, il répond " pourquoi pas ?". Moi, en général, quand on me pose une question à laquelle je ne sais pas répondre, je répond "parce que."
Pourquoi pas ? Chacun fait bien ce qu'il veut.
En fait, je trouve cette idée très bonne. Le marché des malvoyants est en effet un gros marché ! Les estimations établies en 2000 font part de 50 millions d’aveugles et de 135 millions de malvoyants dans le monde ;-) !! Contrairement à ce que l’on pense souvent, la première cause de cécité dans le monde n’est pas le trachome, mais la cataracte (50% des causes de cécité) !! Les glaucomes sont la deuxième cause de cécité, suivis du diabète, de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) et, ensuite seulement, du trachome (youpi) !!!! (source association Valentin Haüy).
Alors les vignerons, ça laisse rêveur !
Ce qui serait bien aussi, à mon avis, c'est de mettre un petit paquet de croquettes accroché au goulot pour le chien.
Le parrain de l'initiative est Montaigne, maire de Bordeaux, la capitale mondiale du vin, de 1581 à 1585, connu pour ses "Essais". (??). Ah non pardon, j'avais mal lu mes notes, le parrain c'est Montagnié, le chanteur, qui joue du piano debout.
C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup, Ça veut dire qu'il était libre, heureux d'être là malgré tout. Il jouait du piano debout, quand les trouillards sont à genoux, et les ...
MAIS ELLE VA S'TAIRE LA GROUPIE DU PIANISTE !!!! JE VOUDRAIS TERMINER MON BILLET, MOI !!! Non mais, c'est vrai. Est-ce que je monte au filet, quand elle va se recueillir sur la tombe de son mari ? Non. Alors. Les gens respectent plus rien.
Je continue.
Voulant suivre l'exemple plein d'humanité de M. Chapoutier, j'ai donc essayé d'écrire mon premier billet en braille pour mes lecteurs aveugles. Résultat, j'ai bousillé mon écran ;-(( Je le dis aux aveugles qui veulent m'écrire un commentaire, ne l'écrivez pas vous-même, demandez à votre chien plutôt.
Je sors donc de chez moi pour en acheter un autre quand je ne vois plus ma voiture ? Elle était couverte de la neige de l'hiver ! Que faire ? La déneiger ? Trop long, Noël approchant, le temps était conté. Il me vint alors une idée. ( J'espérais que ce soit la bonne parce que j'ai tout de suite réfléchi à une autre au cas où la première ne serait pas la bonne et j'ai rien trouvé. )
J'enfilai mes moon boots pour me rendre chez mon voisin, aveugle, lui aussi. (Cela peut paraître étonnant mais c'est vrai, j'ai des moon boots.)
-"Pouvez-vous me prêter votre chien ? C'est une question de vie ou de mort ? "
-"Je ne sais pas, mais je vous le prête".
J'attelais au chien l'aspirateur traîneau de ma femme et nous voilà partis, direction Darty. Le chien, courait, courait, comme un chien fou, manifestement très heureux de pouvoir enfin courir, bien qu'il traînait comme à son habitude un poids mort derrière lui. Nous arrivâmes bientôt chez Darty, où nous trouvâmes la porte d'entrée encadrée par deux vigiles; une soirée privée était organisée en l'honneur de la signature du contrat de confiance de Jessica Darty et Jean Sarkozy. Ayant reconnu l'aspirateur, ils nous laissèrent entrer. Nous bûmes quelques verres de Terra Cognita, nous apprîmes que Jessica avait souhaité accoler son nom à celui de son mari, comme la loi l'y autorise, avant de repartir avec l'ordinateur grâce auquel je vous parle en ce moment.
Bon, je crois que ça va suffire pour cette fois. Je vous laisse regarder la télé.
Pourquoi pas ? Chacun fait bien ce qu'il veut.
En fait, je trouve cette idée très bonne. Le marché des malvoyants est en effet un gros marché ! Les estimations établies en 2000 font part de 50 millions d’aveugles et de 135 millions de malvoyants dans le monde ;-) !! Contrairement à ce que l’on pense souvent, la première cause de cécité dans le monde n’est pas le trachome, mais la cataracte (50% des causes de cécité) !! Les glaucomes sont la deuxième cause de cécité, suivis du diabète, de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) et, ensuite seulement, du trachome (youpi) !!!! (source association Valentin Haüy).
Alors les vignerons, ça laisse rêveur !
Ce qui serait bien aussi, à mon avis, c'est de mettre un petit paquet de croquettes accroché au goulot pour le chien.
Le parrain de l'initiative est Montaigne, maire de Bordeaux, la capitale mondiale du vin, de 1581 à 1585, connu pour ses "Essais". (??). Ah non pardon, j'avais mal lu mes notes, le parrain c'est Montagnié, le chanteur, qui joue du piano debout.
C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup, Ça veut dire qu'il était libre, heureux d'être là malgré tout. Il jouait du piano debout, quand les trouillards sont à genoux, et les ...
MAIS ELLE VA S'TAIRE LA GROUPIE DU PIANISTE !!!! JE VOUDRAIS TERMINER MON BILLET, MOI !!! Non mais, c'est vrai. Est-ce que je monte au filet, quand elle va se recueillir sur la tombe de son mari ? Non. Alors. Les gens respectent plus rien.
Je continue.
Voulant suivre l'exemple plein d'humanité de M. Chapoutier, j'ai donc essayé d'écrire mon premier billet en braille pour mes lecteurs aveugles. Résultat, j'ai bousillé mon écran ;-(( Je le dis aux aveugles qui veulent m'écrire un commentaire, ne l'écrivez pas vous-même, demandez à votre chien plutôt.
Je sors donc de chez moi pour en acheter un autre quand je ne vois plus ma voiture ? Elle était couverte de la neige de l'hiver ! Que faire ? La déneiger ? Trop long, Noël approchant, le temps était conté. Il me vint alors une idée. ( J'espérais que ce soit la bonne parce que j'ai tout de suite réfléchi à une autre au cas où la première ne serait pas la bonne et j'ai rien trouvé. )
J'enfilai mes moon boots pour me rendre chez mon voisin, aveugle, lui aussi. (Cela peut paraître étonnant mais c'est vrai, j'ai des moon boots.)
-"Pouvez-vous me prêter votre chien ? C'est une question de vie ou de mort ? "
-"Je ne sais pas, mais je vous le prête".
J'attelais au chien l'aspirateur traîneau de ma femme et nous voilà partis, direction Darty. Le chien, courait, courait, comme un chien fou, manifestement très heureux de pouvoir enfin courir, bien qu'il traînait comme à son habitude un poids mort derrière lui. Nous arrivâmes bientôt chez Darty, où nous trouvâmes la porte d'entrée encadrée par deux vigiles; une soirée privée était organisée en l'honneur de la signature du contrat de confiance de Jessica Darty et Jean Sarkozy. Ayant reconnu l'aspirateur, ils nous laissèrent entrer. Nous bûmes quelques verres de Terra Cognita, nous apprîmes que Jessica avait souhaité accoler son nom à celui de son mari, comme la loi l'y autorise, avant de repartir avec l'ordinateur grâce auquel je vous parle en ce moment.
Bon, je crois que ça va suffire pour cette fois. Je vous laisse regarder la télé.
jeudi 12 novembre 2009
Mon truc en plume
"Paulette Lestafier n'était pas si folle qu'on le disait. Bien sûr qu'elle reconnaissait les jours puisqu'elle n'avait plus que ça à faire désormais."
Anna Gavalda. "Ensemble, c'est tout."
C'est l'hiver !!
(pas tout à fait encore, mais je savais pas quoi raconter aujourd'hui.)
La neige a recouvert son grand manteau blanc. Quel joli contraste avec les oiseaux, altiers, qui ornent les ceps, eux aussi, altiers ! Dans la cheminée, où tout le monde se presse, la buche brûle. Ô marron grillé, Ô marron glacé. Que n'ai-je tant appris en vos compagnies !
Je sais, comme Rimbaud, j'écrivais mieux quand j'avais douze ans. Mais vous croyez que c'est facile d'écrire un blog avec le cerveau que j'ai. Heureusement, j'ai trouvé un métier où j'en n'ai plus besoin (OUF!!).
Un blog au début, c'est super facile. On a plein de choses à dire sur son métier (moi, c'est vigneron, je me souviens plus si je vous l'ai déjà dit) et très vite, on n'a plus rien à dire (en fait vigneron, c'est mon nouveau métier, alors je sais juste faire deux trois trucs comme marcher dans les vignes avec mon chien et faire du vin. Je sais pas le vendre par exemple. ;-)
(Éloignez les enfants de l'ordinateur avant de continuer.)
Je dois vous faire une confidence: sans Anna Gavalda, je n'aurais jamais trouvé le courage de me mettre à nu sur la toile et de sortir ma plus belle plume.
Sinon, ce matin je vais aller couper quelques cornes sur ma parcelle de Moulin à Vent, pour faciliter le travail de labour des jours à venir. Au passage, je vous glisse une petite photo du labour au cheval de cette parcelle, au printemps dernier, exécuté par Alain, un collègue vigneron de Fleurie (et son cheval).
C'est beau, un cheval dans les vignes, quand même.
Allez, il faut que j'aille travailler. Avant de sortir, je vais mettre un body et des bottes, parce que la neige a recouvert encore plus fort. (Vous pouvez ramener les enfants près de l'ordinateur.)
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Mon blog et moi
mardi 10 novembre 2009
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Datura Stramonium
Avec ma nouvelle activité de vigneron, je suis tout le temps dehors. Et vraiment, ça change d'avant quand j'étais tout le temps dedans (allitération en "en"). Ce matin, par exemple, j'ai vu dans mes vignes un champignon en liberté ! C'était la première fois que j'en voyais un !
J'ai pris un rendez-vous chez mon dermatologue pour voir si je pouvais le manger. Mais bon, à cause du Numerus Clausus (un machin comme la grippe A j'imagine, mais qui s'attaque qu'à la peau ?), il ne peut pas me recevoir avant trois jours !
ET J'EN FAIS QUOI DE MON CHAMPIGNON, J'LE MANGE ?!!
Ah, j'aimerais bien les voir dans les vignes ces dermatos, je donne pas cher de leur peau (jdmmc lol).
Je n'ai donc pas eu le choix. Il a fallu mettre mon champignon au frigo en attendant. Il parait que c'est super fragile, j'espère qu'il ne va pas moisir... (lol*).
En tout cas, les champignons ici, ont l'air beaucoup plus épanoui que les champignons de Paris, tout rikiki et blancs comme des linges. Faut voir comment on les entasse aussi. Une champignonnière, qu'ils appellent ça. Une prison, oui ! Toute leur vie enfermés dans le noir, les pieds dans le sable humide, avec pas même le droit de regarder sur France3 les reportages sur Paris Plage. JE TROUVE ÇA DÉGUEULASSE.
En parlant de ça, j'ai regardé avant hier soir un très beau film de Spielberg sur l'abolition de l'esclavage, "Amistad". Mais Monsieur Spielberg, c'est très bien tous ces films qui nous rappellent notre devoir de mémoire, mais ne pensez-vous pas qu'il serait temps de mettre votre talent au service de causes plus actuelles, comme la traite des champignons blancs, par exemple ?
Ce matin, dans mes vignes, j'ai aussi trouvé ça:
* LOL: acronyme de Listeria Ou Listeriose, au choix.
J'ai pris un rendez-vous chez mon dermatologue pour voir si je pouvais le manger. Mais bon, à cause du Numerus Clausus (un machin comme la grippe A j'imagine, mais qui s'attaque qu'à la peau ?), il ne peut pas me recevoir avant trois jours !
ET J'EN FAIS QUOI DE MON CHAMPIGNON, J'LE MANGE ?!!
Ah, j'aimerais bien les voir dans les vignes ces dermatos, je donne pas cher de leur peau (jdmmc lol).
Je n'ai donc pas eu le choix. Il a fallu mettre mon champignon au frigo en attendant. Il parait que c'est super fragile, j'espère qu'il ne va pas moisir... (lol*).
En tout cas, les champignons ici, ont l'air beaucoup plus épanoui que les champignons de Paris, tout rikiki et blancs comme des linges. Faut voir comment on les entasse aussi. Une champignonnière, qu'ils appellent ça. Une prison, oui ! Toute leur vie enfermés dans le noir, les pieds dans le sable humide, avec pas même le droit de regarder sur France3 les reportages sur Paris Plage. JE TROUVE ÇA DÉGUEULASSE.
En parlant de ça, j'ai regardé avant hier soir un très beau film de Spielberg sur l'abolition de l'esclavage, "Amistad". Mais Monsieur Spielberg, c'est très bien tous ces films qui nous rappellent notre devoir de mémoire, mais ne pensez-vous pas qu'il serait temps de mettre votre talent au service de causes plus actuelles, comme la traite des champignons blancs, par exemple ?
Ce matin, dans mes vignes, j'ai aussi trouvé ça:
Un Datura Stramonium. Je le dis pour les informaticiens, ne vous précipitez pas pour faire de la place dans le frigo, ça ne se mange pas. C'est même très toxique et en prime, révélateur de sol chargé en résidu de pesticides. Grrrrr. Il va falloir encore un peu de temps avant de se débarasser de ces saloperies... ;-(
J'ai trouvé cette information dans l'encyclopédie des plantes bio-indicatrices de Gérard Ducerf, un ouvrage dont je ne saurais trop vous conseiller la lecture. Ben quoi ? On n'a pas le droit d'être sérieux deux minutes !
* LOL: acronyme de Listeria Ou Listeriose, au choix.
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Le dehors...un monde magique
lundi 9 novembre 2009
Sortie de crise Acte II : Tu es pour moi la seule musique qui fait danser les étoiles sur les dunes
Quand l'homme en aura fini de descendre du singe, il pourra peut-être se préoccuper de remonter dans l'estime de sa femme. C'est vrai quoi, y'en a marre de ces gros machos poilus qui passent leur temps devant l'ordinateur pendant que leurs femmes font la cuisine !
Je suis peut-être un peu dur, mais mon courroux est à la mesure de l'enjeu; certains d'entre vous ne le savent peut-être pas encore, mais toutes les études marketing récentes l'attestent: LA FEMME EST L'AVENIR DU VIN. (Lassée sans doute d'avoir attendu en vain (jdmmc lol*) d'être celui de l'homme). En effet, ces études révèlent que ce sont très majoritairement les femmes qui font les courses du ménage !! Il nous faut donc trouver comment les inciter à acheter du vin, en plus des pâtes et des croquettes du chat.
Du côté des vignerons, inutile de se fatiguer; elles y connaissent que dalle, donc pas la peine de mettre les bouchées doubles pour améliorer la qualité des vins. D'ailleurs je comprends pas pourquoi on s'est battu pour interdire de faire des rosés en mélangeant du rouge et du blanc si c'est les femmes qui doivent finir par les boire.
Non, la balle n'est pas dans le camp des vignerons, mais dans celui des Monsieurs des Madames. Alors les gars, il va falloir se mettre au boulot :
- Primo: il vous faudra garder le cap quand à la consommation de vin, en affirmant haut et fort votre préférence pour les vins de l'Hexagone. Et je ne veux plus vous voir avec une bière à la main, capito !
- Secundo: il vous faudra vous montrer plus coopératif dans l'exécution des tâches ménagères. Cela peut paraître étonnant, mais vous verrez, vos femmes apprécieront. Et, dans le but de vous faire plaisir à leur tour, elles n'hésiteront plus à consacrer une part importante du budget du ménage à l'achat de bonnes bouteilles. Simple, non !
Je ne vous demande pas la lune. Je suis sûr de pouvoir compter sur votre contribution. L'AVENIR DE LA VITICULTURE FRANCAISE EN DEPEND.
Bon je dois vous laisser. On m'appelle à table.
* jdmmc lol : acronyme de Jeu De Mot Maître Capelo, the Lord Of Letters, comme le surnomment affectueusement les téléspectateurs anglais de "Chiffers and Letters"
Je suis peut-être un peu dur, mais mon courroux est à la mesure de l'enjeu; certains d'entre vous ne le savent peut-être pas encore, mais toutes les études marketing récentes l'attestent: LA FEMME EST L'AVENIR DU VIN. (Lassée sans doute d'avoir attendu en vain (jdmmc lol*) d'être celui de l'homme). En effet, ces études révèlent que ce sont très majoritairement les femmes qui font les courses du ménage !! Il nous faut donc trouver comment les inciter à acheter du vin, en plus des pâtes et des croquettes du chat.
Du côté des vignerons, inutile de se fatiguer; elles y connaissent que dalle, donc pas la peine de mettre les bouchées doubles pour améliorer la qualité des vins. D'ailleurs je comprends pas pourquoi on s'est battu pour interdire de faire des rosés en mélangeant du rouge et du blanc si c'est les femmes qui doivent finir par les boire.
Non, la balle n'est pas dans le camp des vignerons, mais dans celui des Monsieurs des Madames. Alors les gars, il va falloir se mettre au boulot :
- Primo: il vous faudra garder le cap quand à la consommation de vin, en affirmant haut et fort votre préférence pour les vins de l'Hexagone. Et je ne veux plus vous voir avec une bière à la main, capito !
- Secundo: il vous faudra vous montrer plus coopératif dans l'exécution des tâches ménagères. Cela peut paraître étonnant, mais vous verrez, vos femmes apprécieront. Et, dans le but de vous faire plaisir à leur tour, elles n'hésiteront plus à consacrer une part importante du budget du ménage à l'achat de bonnes bouteilles. Simple, non !
Je ne vous demande pas la lune. Je suis sûr de pouvoir compter sur votre contribution. L'AVENIR DE LA VITICULTURE FRANCAISE EN DEPEND.
Bon je dois vous laisser. On m'appelle à table.
* jdmmc lol : acronyme de Jeu De Mot Maître Capelo, the Lord Of Letters, comme le surnomment affectueusement les téléspectateurs anglais de "Chiffers and Letters"
dimanche 8 novembre 2009
Buvons à la santé des défunts
Aujourd'hui c'est dimanche et comme je ne travaille pas, je pense. J'ai réfléchi à plein de choses biens. J'ai réfléchi, par exemple, à comment je pouvais sortir la viticulture française de la crise où elle est plongée. Je me suis souvenu avoir lu dans un vieux livre une anecdote au sujet d'un vigneron bordelais particulièrement doué pour les choses du commerce. Je vous la livre ici, telle que j'ai pu la lire :
"... On vient de me montrer un autre bordelais, un gros gaillard bien portant, à la taille rebondie, qui a trouvé pour s'enrichir un truc nouveau et qui dénote une étude sérieuse du coeur humain.
Ce truc consiste à lire chaque jour dans les annonces des décès parisiens ou des villes importantes du Nord les noms et demeures des infortunés qui viennent de passer de vie à trépas.
Le jour même part une pièce de vin d'un prix en harmonie avec la situation probable du défunt, en raison de son nom et de son adresse, plus une lettre d'envoi relatant la commande faîte soi-disant quelques temps auparavant.
Neuf fois sur dix, la commande et l'envoi se trouvent acceptés.
- Pauvre défunt, se disent les héritiers, cela fait, pour ainsi dire, partie de ces dernières volontés; il savait, du reste, ce qui était bon.
Et puis, n'a-t-on pas toujours besoin de vin ?
On conserve le vin, on le paye sur l'héritage, on ne chipote pas sur les prix : le tour est fait.
En répétant adroitement cet exercice et en donnant parfois d'excellents vins à des prix raisonnables, le bonhomme s'est arrondi sérieusement, s'est créé une clientèle parmi certains héritiers de bonne humeur, et a fait fortune..."
C'est avec une immense tristesse que je vous annonce que je dois vous quitter. On m'appelle à table.
"... On vient de me montrer un autre bordelais, un gros gaillard bien portant, à la taille rebondie, qui a trouvé pour s'enrichir un truc nouveau et qui dénote une étude sérieuse du coeur humain.
Ce truc consiste à lire chaque jour dans les annonces des décès parisiens ou des villes importantes du Nord les noms et demeures des infortunés qui viennent de passer de vie à trépas.
Le jour même part une pièce de vin d'un prix en harmonie avec la situation probable du défunt, en raison de son nom et de son adresse, plus une lettre d'envoi relatant la commande faîte soi-disant quelques temps auparavant.
Neuf fois sur dix, la commande et l'envoi se trouvent acceptés.
- Pauvre défunt, se disent les héritiers, cela fait, pour ainsi dire, partie de ces dernières volontés; il savait, du reste, ce qui était bon.
Et puis, n'a-t-on pas toujours besoin de vin ?
On conserve le vin, on le paye sur l'héritage, on ne chipote pas sur les prix : le tour est fait.
En répétant adroitement cet exercice et en donnant parfois d'excellents vins à des prix raisonnables, le bonhomme s'est arrondi sérieusement, s'est créé une clientèle parmi certains héritiers de bonne humeur, et a fait fortune..."
C'est avec une immense tristesse que je vous annonce que je dois vous quitter. On m'appelle à table.
samedi 7 novembre 2009
Parce qu'il le vaut bien
Assez causé. Il faut décuver la "cuvée Robert". Robert, c'est mon beau-père. Il vient de fêter ses 70 ans et pour célébrer l' événement, nous avons organisé mi-octobre un repas de famille à la maison. A l'issue du repas, j'ai proposé à nos convives de vendanger quelques verjus, ces grappes de raisins secondaires issues des entre-cœurs, que je me chargerais de vinifier. Chaque bouteille ouverte de cette cuvée spéciale donnerait ainsi à chacun l'occasion de se remémorer cet agréable moment passé en famille en l'honneur de notre cher Robert. En somme, pas un grand Vin avec un grand V, mais un vin de mémoire avec un petit m et du Fruit avec un grand Verre. L'idée emporta l'enthousiasme général et c'est le ventre lourd, mais le cœur léger, que la petite troupe prit la direction des vignes.
350 kg de verjus, incroyablement sains et mûrs, furent récoltés. Vous voulez un scoop ? 2009 SERA UN GRAND MILLESIME DE VERJUS.
Il n'est pas facile de vinifier une aussi petite quantité de raisins mais devant la qualité j'étais plutôt optimiste. Trois semaines plus tard, cette vendange, vierge de tout produit œnologique, semble avoir trouvé le chemin du vin. Les faibles odeurs d'acétate de début de fermentation ont fini par laisser place à des parfums agréables de fruits rouges, où domine la myrtille. Un miracle, en quelque sorte; c'est tout au moins ce que pourraient penser certains œnologues, mais la guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée aux seuls militaires, disait Poincaré. Et, pour cette petite cuvée, j'avais envie de lui faire confiance.
Je ne suis pas équipé pour pressurer de petit volume. Un pressurage énergique au pied par mon équipe a fait l'affaire. Je sais, je sais, y'a mieux comme extraction, mais bon, tant qu'à faire dans l'artisanal ...Reste à espérer que la fermentation alcoolique des jus réassemblés va correctement s'achever. Par ces froids de canard, il vaut mieux ne pas vendre la peau de l'ours.
350 kg de verjus, incroyablement sains et mûrs, furent récoltés. Vous voulez un scoop ? 2009 SERA UN GRAND MILLESIME DE VERJUS.
Il n'est pas facile de vinifier une aussi petite quantité de raisins mais devant la qualité j'étais plutôt optimiste. Trois semaines plus tard, cette vendange, vierge de tout produit œnologique, semble avoir trouvé le chemin du vin. Les faibles odeurs d'acétate de début de fermentation ont fini par laisser place à des parfums agréables de fruits rouges, où domine la myrtille. Un miracle, en quelque sorte; c'est tout au moins ce que pourraient penser certains œnologues, mais la guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée aux seuls militaires, disait Poincaré. Et, pour cette petite cuvée, j'avais envie de lui faire confiance.
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Pour de vrai
vendredi 6 novembre 2009
Un blog, sinon rien
Un blog doit être alimenté régulièrement. Le mien n'échappe pas à la règle, au risque de perdre les quelques lecteurs qui me font l'immense privilège de me visiter chaque jour. Mais n'est pas Hervé Bizeul qui veut. Pas facile de prendre n'importe quel sujet vinaire et d'en faire un billet des plus agréables à lire. ( Même si je trouve parfois qu'il abuse du smiley; ça a un côté chauffeur de salle qui me dérange un peu ;-)
Je n'ai pas encore eu l'occasion de déguster les vins du Personnage, mais je ne sais pas si je me laisserai aller à tenter l'expérience un jour. N'y voyez aucune marque de jalousie. Je me demande seulement comment un homme qui a ce talent d'écriture peut il également être un bon vinificateur ? J'ai lu toutes les biographies de Zidane; pas une seule n'a été écrite par lui. Pas même avec les pieds. Si c'est pas une preuve, ça.
Quand Zidane s'intéressera au vin, je m'intéresserai à ceux d'Hervé Bizeul. Il est vrai que les footballeurs sont nombreux à s' être reconvertis dans le vin ; Jean Tigana, propriétaire de la Dona-Tigana à Cassis, Johann Micoud, Djibril Cissé et last, but not least, David Beckham, super-star du foot anglais, qui s'est installé à Bargemon dans le Var. Alors pourquoi pas un jour Zizou à la tête d'un domaine viticole ? Je prie pour que cela arrive; j'aimerais bien les gouter moi les vins de Monsieur Bizeul. Y parait que ça vaut le détour :-)
Je n'ai pas encore eu l'occasion de déguster les vins du Personnage, mais je ne sais pas si je me laisserai aller à tenter l'expérience un jour. N'y voyez aucune marque de jalousie. Je me demande seulement comment un homme qui a ce talent d'écriture peut il également être un bon vinificateur ? J'ai lu toutes les biographies de Zidane; pas une seule n'a été écrite par lui. Pas même avec les pieds. Si c'est pas une preuve, ça.
Quand Zidane s'intéressera au vin, je m'intéresserai à ceux d'Hervé Bizeul. Il est vrai que les footballeurs sont nombreux à s' être reconvertis dans le vin ; Jean Tigana, propriétaire de la Dona-Tigana à Cassis, Johann Micoud, Djibril Cissé et last, but not least, David Beckham, super-star du foot anglais, qui s'est installé à Bargemon dans le Var. Alors pourquoi pas un jour Zizou à la tête d'un domaine viticole ? Je prie pour que cela arrive; j'aimerais bien les gouter moi les vins de Monsieur Bizeul. Y parait que ça vaut le détour :-)
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Mon blog et moi
jeudi 5 novembre 2009
La critique d'art aux critiques d'art et les vaches seront bien gardées
Déjà, les couleurs de l'automne s'estompent dans le vignoble du Beaujolais. Les premiers froids et les fortes rafales de vent des derniers jours ont emporté beaucoup de feuilles et nous rentrons dans la saison où le vignoble, dénudé de sa végétation, offre au regard l'expression de sa géométrie parfaite; des ceps et encore des ceps, à perte de vue, alignés les uns par rapport aux autres, dans une régularité constante assurée depuis des générations par la main de l'homme.
En arrivant ce matin sur une de mes parcelles exposée aux vents, la vision de cette géométrie m'a fait penser à l'œuvre de Niele Toroni, ce peintre contemporain, dont l'œuvre se résume depuis plus de quarante ans à peindre, à intervalle régulier, des empreintes de pinceau n°50. La forme de l'empreinte est toujours la même; l'intervalle est toujours le même. Invariablement, depuis 1966. Seuls la couleur et le support changent.
Je sais tout cela n'est pas très convaincant. Mais nos parents ont lutté parfois au péril de leur vie pour notre liberté d'expression, alors bon.
Juste pour clore le sujet, je me souviens avoir lu il y a quelques années, dans le magazine d'art contemporain ArtPress, une critique panégyrique du travail de Toroni. Ce dernier est peu loquace sur cette obsession qui l'anime depuis toujours. D'autres s'en chargent et déploient des trésors d'imagination pour justifier son Geste. A tel point que la critique devient parfois à son tour une œuvre d'art. Je ne peux m'empêcher en écrivant ses lignes de faire le parallèle avec certaines notes de dégustation...
En arrivant ce matin sur une de mes parcelles exposée aux vents, la vision de cette géométrie m'a fait penser à l'œuvre de Niele Toroni, ce peintre contemporain, dont l'œuvre se résume depuis plus de quarante ans à peindre, à intervalle régulier, des empreintes de pinceau n°50. La forme de l'empreinte est toujours la même; l'intervalle est toujours le même. Invariablement, depuis 1966. Seuls la couleur et le support changent.
Une question m'envahit l'esprit; ces aïeux étaient-ils vignerons ? Son œuvre n'est elle que l'expression inconsciente de cet atavisme ? Si chaque support choisi par l'artiste correspondait à un terroir, chaque couleur à un cépage, et chaque empreinte de pinceau à un nouveau cep en charge de produire les meilleurs raisins ?
Je sais tout cela n'est pas très convaincant. Mais nos parents ont lutté parfois au péril de leur vie pour notre liberté d'expression, alors bon.
mercredi 4 novembre 2009
Tendre poulet
On vit vraiment une époque formidable ! Trouvé par hasard sur le net sur un site très sérieux :
A quand un reportage d'Envoyé Spécial sur l'alimentation des poulets ? Les miens, je les nourris avec du blé. J'espère que ce n'est pas dangereux pour leur santé ?
A quand un reportage d'Envoyé Spécial sur l'alimentation des poulets ? Les miens, je les nourris avec du blé. J'espère que ce n'est pas dangereux pour leur santé ?
dimanche 1 novembre 2009
Le point sur l'herbe et ses effets euphorisants
Voilà un an et demi que mes vignes n'ont pas vu une goutte de désherbant. C'est un vrai motif de satisfaction intellectuelle mais aussi, il faut bien l'avouer, une relative source d'inquiétude ! Nous sommes le 1ier Novembre et l'herbe est maintenant bien installée dans toutes mes parcelles. Jusque dans les sols sableux, où je croyais naïvement qu'il faudrait plusieurs années avant que cela n'arrive. Force est de constater que les travaux de labour réalisés ce printemps et cet été n'ont pas eu la même efficacité que celle engendrée par l'usage des herbicides (ils sont quand même forts chez Monsanto et blancs bonnets ;-).
J'ai pu constater ailleurs les effets d'une concurrence durable (mot de circonstance :-) de l'herbe sur la vigne; les ceps deviennent chétifs et la production de raisins chute dans des proportions importantes ; je ne fais pas la course aux rendements, mais il y a des limites à ne pas dépasser, au risque de compromettre ma nouvelle vie dans les vignes et j'ai pas spécialement envie de retourner bosser dans un bureau ;-). Par ailleurs, la concurrence azotée de l'herbe sur la vigne peut causer des problèmes en vinification, l'azote étant le principal nutriment des levures assurant la fermentation alcoolique du vin.
Il est donc fondamental de ne pas se laisser déborder par l'herbe ; comme aurait dit André, le mois de Novembre sera le mois du labour ou il ne sera pas.
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