samedi 24 octobre 2009

La poésie, meilleure amie de la pioche




J'ai passé une bonne partie de la journée, dans mes vignes, à déraciner à la pioche des ceps morts de l'ESCA, une maladie cryptogamique qui fait des ravages chaque été dans le vignoble français. Les parcelles plantées dans les années 70-80 sont particulièrement touchées et mes vignes ne font pas exception à la règle. Cette année encore c'est bien 300 pieds qu'il m'a fallu arracher. Après cette journée fatigante et un peu déprimante, je me suis connecté sur le site de la BNF;  j' y ai parcouru un vieux manuel d'agriculture, dont la préface fut écrite par Lamartine, qui, outre son activité littéraire, possédait des vignes dans le Mâconnais. Le portrait avantageux qu'il dresse de " l'ouvrier des champs " m'a réconcilié avec ma pioche. Je vous en livre ici un extrait ;

" L'ouvrier des champs n'est pas contraint de se séquestrer de la nature physique, ce milieu nécessaire à l'homme pour que l'homme soit sain et complet. Il a le ciel sur la tête, le sol sous les pieds, le soleil dans les yeux, l'air dans la poitrine, l'horizon vaste et libre devant les regards, le spectacle irréfléchi mais perpétuellement nouveau du firmament, de la terre, du jour, de la nuit, des saisons, qui entretiennent sans paroles mais sans lassitude, les sens, le cœur, l'esprit de l'homme de la campagne. Ses travaux sont rudes, mais ils sont variés; ils comportent mille applications diverses de la pensée, mille attitudes différentes du corps, mille emplois des heures et des bras . . . . Presque tous ces travaux s'accomplissent en plein air et en plein jour, santé et gaieté de l'homme; l'homme n'y est point machine, il y est homme; il y place son émulation, son orgueil, son adresse, sa force, son habileté ; il y est actif et assidu, mais il n'y est pas esclave. Il se sent libre et il se déplace à son gré dans le vaste atelier rural ouvert à ses pas, il y devient robuste, il y reste sain : sans cesse aux prises avec les forces de la nature, il y exerce les siennes; il a la fierté et le courage de sa liberté; il est propre à tout. . . . Une empreinte de santé, de vigueur, de franchise, de liberté et de fierté modeste civilise ses traits; il regarde en face, il marche droit, il parle haut, il respire à pleine poitrine, il ne craint et il n'envie personne. Placez à côté l'un de l'autre, un habitant des villes et un habitant des campagnes du même âge, et comparez l'homme à l'homme."

Le boulot de culterreux décrit par Lamartine, ça a quand même une autre gueule.

mercredi 21 octobre 2009

L'agrément des vins avant mise en marché; une épée de Damoclès pour les vignerons bios

Cette année encore, quelques viticulteurs bios du Beaujolais se sont vus refuser leurs primeurs à l'agrément,  pré requis indispensable à leur commercialisation. L'agrément est lié à la notion d' Appellation d'Origine Contrôlée. La procédure d'agrément vise à faire contrôler, par des dégustateurs professionnels de l'INAO ou d'organisations déléguées, que le produit est représentatif de l' AOC revendiquée. Cette intention est louable et vise à protéger le consommateur, en validant le lien du produit consommé à son terroir d'origine. C'est la garantie pour lui de retrouver un "continuum du gout" de l'appellation qu'il recherche et qu'il apprécie.
Bien sûr, les dégustateurs en charge de cette procédure d'agrément doivent être formés à reconnaître les caractéristiques intrinsèques de chaque appellation qu'ils contrôlent. Et c'est là que les problèmes commencent !
Les pratiques viticoles et œnologiques ont évolué depuis les années 30, période de publication des décrets de la plupart des appellations françaises. On peut imaginer qu'à cette époque, les pratiques d'un domaine à l'autre au sein d'un même terroir viticole étaient proches : pas de pesticides et  pas d'herbicides pour cultiver les vignes ; peu d'additifs pour la vinification ; peu de connaissances des procédés physico-chimiques qui président à la transformation du jus de raisin en vin ; et enfin, pas d'oenologues ;-) Si chaque vignoble avait ses expérimentateurs, il y avait une réelle unité de pratiques par terroir viticole, unité qui  permit à cette époque de classifier les vins selon le système des AOC.
Mais cette époque est révolue. Les modes de conduite culturale sont multiples et ne parlons pas de la vinification. Il faut par exemple compter sur l'emploi massif  de levures exogènes qui pour certaines déterminent le profil aromatique du vin, au détriment du terroir !
Ainsi, comment  les dégustateurs peuvent ils aujourd'hui garantir l'adéquation des vins à leurs appellations d'origine, quand  l'évolution des pratiques a fait voler en éclat l'uniformité des pratiques constitutive de l'appellation  ? Si cette question embarrassante pour l'INAO n'est pas nouvelle, elle est aujourd'hui au centre de nombreux débats et la poussée des vins bios n'y est pas étrangère (nous y vlà, il était temps !).
Il y a chez les viticulteurs bios un dénominateur commun, la volonté, dans leur travail, de respecter la nature. Cette philosophie, si elle est appliquée aujourd'hui par tous à la vigne, trouve chez beaucoup d'entre eux son prolongement lors de la vinification, où elle est poussée à son paroxysme par certains, qui refusent l'emploi de tout additif dans le vin. J'évoquais l'usage des levures exogènes  qui conditionnent le profil aromatique du vin. Nombreux sont les vignerons bios qui se refusent à l'emploi de telles levures. On ne  passe pas une année à bichonner ses raisins pour ne pas les laisser s'exprimer lors de la vinification !
Les conséquences ? La production de vins "déstandardisés", ("déstéréotypés" oserai-je dire ? allez j'ose) qui font tourner la tête des dégustateurs en charge de leurs agréments, dont la notion d'AOC s'est construite sur d'autres bases !
Mais tout espoir n'est pas perdu. Le bio a le vent en poupe et on prête une oreille plus attentive aux vignerons bios participant aux commissions en charge de la réforme des agréments. Gageons qu'ils seront entendus. Le Beaujolais, en permettant à ses vignerons d'exprimer toute la diversité de ses terroirs originels, a tout à y gagner.

dimanche 18 octobre 2009

Dégustation de primeurs bios

Chaque année après les vinifications, les vignerons bios du Beaujolais se réunissent  pour déguster leurs  primeurs; les vins, chacun avec leur particularité (la magie du terroir!), étaient très agréables. Je ne vais toutefois pas faire d'angélisme; certains d'entre eux (rares) présentaient de petits défauts de jeunesse, que le temps et l'élevage attentif du vigneron devraient gommer. Toutefois les avis furent unanimes; le millésime 2009 est un millésime d'exception. Pour faire un bon vin, il faut de beaux raisins et les conditions climatiques de cette année ont donné une vendange incroyablement saine. Des nez formidables de fruits rouges, de fleurs (la rose, la violette ...), des bouches croquantes, gouleyantes. Un vrai bonheur que ces primeurs !

A la qualité des vins s'ajoute un autre motif de satisfaction pour les bios ; la demande pour ce type de vin est en constante progression . Il faut dire qu'il ne se passe pas une journée sans que les médias ne parlent du réchauffement climatique, des problèmes de pollution, du danger des herbicides et des pesticides pour notre planète et j'en passe... Devant cette déferlante, la population prend chaque jour un peu plus conscience des dérives de notre système et souhaite le retour à des pratique plus saines; en matière de viticulture, le travail de ceux qui  cultivent leurs terres dans le respect de l'environnement est enfin reconnu. Pour nombre d'entre eux dans le Beaujolais, ils l'ont fait bien avant la surmédiatisation des problèmes de notre chère planète et on ne peut pas leur reprocher de surfer sur la Vague Verte !

mercredi 14 octobre 2009

La fin d'une idylle

Assez rigolé, il faut maintenant passer aux choses sérieuses. C'est mon coach en communication qui me l'a dit.



Il m'a dit "ton blog, c'est n'importe quoi et c'est pas comme ça que les gens vont s'intéresser à ton vin" . Je l'aime bien mon coach. Il me dit toujours ce qu'il pense, ce qui est rare pour un conseiller en communication. En même temps c'est ma femme, c'est donc un peu normal qu'elle soit franche avec moi. Mais est-ce finalement si normal ? Combien de couples vivent dans le mensonge permanent, usés par des années de cohabitation forcée parce qu'il y a les enfants. Quelle conclusion doit on en tirer ? Que je peux aussi être très chiant avec mes considérations sur le couple. Mais tout cela n'a aucune espèce d'importance. Non, ce qui compte, c'est que je suis prêt à amorcer un virage à 360 degrés et à faire de ce blog un vrai blog de vigneron ! J'ai donc passé quelques heures sur le Net à lire les blogs des collègues pour sentir la tendance. J'ai vu des images de vignes supersympas avec des ceps plein de feuilles et de raisin. et aussi des vendangeurs de toutes les tailles et de toutes les couleurs. C'est beau ces ambiances festives de vendanges quand même. De beaux textes aussi. Sur le vin, sur les hommes, sur la vie... Et puis aussi sur les chiens parce que souvent le vigneron a pour meilleur compagnon de l'homme un chien. Moi aussi j'en ai un et il compte aussi beaucoup pour moi, parce que c'est Charlie, parce que c'était moi.

mardi 13 octobre 2009

L'envers du décorum


Toutes mes excuses à ceux qui ont essayé de lire mon blog mais qui ont fini par renoncer devant l'épreuve que représente la lecture d'un blog qui n'est pas écrit à l'envers. En fait, j'ai toujours été nul en informatique , c'est pourquoi je me suis résigné à devenir vigneron. C'est mon neuvième post (je crois) et je viens seulement de comprendre qu'il faut commencer par la fin, eu égard au choix fait par des informaticiens bien plus expérimentés que moi, de présenter les articles des blogs, du plus récent au plus ancien.  Lisant peu les blogs à l'endroit (faute de temps, je les lis à l'envers), je n'avais pas intégré cette règle  de base . Enfin, ça y est, j'ai compris et maintenant je ferai comme tout le monde, je commencerai mon blog par la fin. (quand je dis "tout le monde", c'est un euphémisme, car  j'ai quand même vu des blogs écrits par des gens aussi ignares que moi :-) Mais  il y a une chose qui m'insupporte plus que tout, c'est quand une bonne idée n'a pas été creusée jusqu'à bout. Car oui, le principe de commencer la page par ce qui doit être lu en dernier est bon. Mais pourquoi alors, pour accroître la facilité de lecture, donc la compréhension du lecteur, ne pas en faire de même au sein du texte de chaque article ? C'est ce que je me propose de faire dès mon prochain post. Toutefois, il me reste une question à trancher; dois-je au fur et à mesure des messages que je vais poster écrire ma vie future jusqu'à mon passé à partir d'aujourd'hui ou l'inverse ? Qu'en pensez -vous? Éclairez moi  de votre avis  à l'aide d'un commentaire que je vous demanderai de rattacher au post qui précède celui-là (le suivant) pour une question évidente de compréhension globale du blog. Une question entre parenthèses, comment fait on pour mettre un smiley juste avant une parenthèse fermante ? Je me suis posé la question tout à l'heure quand j'écrivais mon post. Peut-être qu'il faut le mettre après la parenthèse aussi ?

PS : pour le Berlingo, n'hésitez pas à me contacter, je suis à votre dispo (mais peut-être ne savez vous pas encore que je vais m'acheter un Berlingo ? Excusez-moi mais il faut lire plus loin (sauf si vous êtes passé par le choix d'une catégorie pour arriver là ou par les archives alors peut-être que vous le savez déjà)

Foires aux vins : nos coups de coeur

Les foires aux vins sont terminées. La semaine du blanc aussi. Les pères Noël sont équipés et vont pouvoir se mettre au travail.





Alors si vous ne savez pas quoi demander aux Pères Noël, pas de panique, des idées, j'en ai plein ! Avec un ami sommelier rencontré sur Facebook, nous avons sélectionné  en ligne les meilleurs vins du monde. Ils sont au nombre de un. "Terra cognita", un vin de pays des Gaulles. Un vin d'exception. Et en plus il est bio. Et en plus c'est moi qui l'a fait.
Voici son profil aromatique en 3D :




Réellement impressionnant. Un grand vin !

lundi 12 octobre 2009

Les vins du nouveau monde

C'est mon quatrième post et toujours pas le moindre commentaire. Je finis par me demander si mon blog n'est pas hébergé sur une île déserte.



 Peut être faudrait il que j'informe ma mère de l'existence de ce blog ? Et que je lui apprenne à se servir d'un ordinateur.

Maman, je suis très heureux de t'avoir trouvé une photo de Pierce Brosnan.

J'espère que tu vas bien. Ton fils qui t'adore.


PS : si tu n'arrives pas à saisir un commentaire, passe moi un coup de fil, ça fait toujours plaisir.


Berlingo, mon amour

Je tiens la cadence : troisième post  en trois jours ! (j'ai lu sur d'autres blogs qu'on disait post et pas message, c'est vrai que ça sonne mieux ). Et cette fois, j'ai quelque chose d'intéressant à vous dire ! Ecartez bien grand vos oreilles, et écoutez ce que je vais vous dire : JE VAIS M'ACHETER UN BERLINGO. Formidable, non. Mais attention, pas un de ces bonbons qui collent aux dents, mais la voiture qui colle à la route, grâce à ses pneus en sucre et ses systèmes ABS - REF (répartiteur électronique de freinage)  - AFU ( aide au freinage d'urgence) - ESP et surtout une grande innovation inédite pour un véhicule utilitaire : le détecteur de sous-gonflage des pneus. Oui, Monsieur.







Outre les sacs de sport, les planches de surf et une blonde qui sourit mais toujours pas face à l'objectif, qu'est-ce qu'on peut mettre dans un Berlingo ? Ne cherchez pas plus longtemps , je vous donne la réponse. Des cartons de vins, bien sûr ! Alors si vous voulez voir la nouvelle Berlingo, l'essayer pourquoi pas, je suis prêt à venir vous livrer quelques cartons la faire essayer.
Que dire d'autre ? Que le nouveau Berlingo est à votre image : c'est un vrai professionnel. Très performant en terme de charge utile puisqu'il peut supporter jusqu'à 850 Kg, il est aussi le leader de sa catégorie en volume utile, avec 3,3 m3 (vous lisez bien 3,3m3!!!!) de capacité. Il a encore gagné en volume et en capacité de chargement. Ainsi (Remarquez la beauté de l'enchainement, quel style ces gens du marketing de PSA), on peut y embarquer facilement deux Euro Palettes (alors les Euro sceptiques, on rigole moins !), ce qui représente une caractéristique remarquable (en effet). Les portes arrière battantes 60/40 disponibles en version tôlées ou vitrées possèdent un système permettant une ouverture à 180° très utile pour certains chargements et notamment pour reculer devant un quai de chargement.bla bla bla

Séduisant n'est-ce pas ! Alors, ne tardez pas à me contacter pour un essai !


Y'a quelqu'un ?


Je vous ai  promis de vous écrire régulièrement. Pourtant, je regarde à travers l'écran de mon ordinateur et mesure l'immensité du réseau qui nous sépare. Car c'est cela écrire un blog; on est seul devant son ordinateur, on se demande vraiment à quoi ça sert d'écrire toutes ces conneries que personne ne va lire, surtout quand Google ne fait pas son boulot en ne présentant pas votre blog à la première page des résultats renvoyés à la saisie du mot clé "vin d'exception". Mais comme me disait mon ami Van Gogh qui en connaissait un rayon en la matière," tu verras, quand les ordinateurs et le vin n'existeront plus, l'humanité entière te reconnaitra.". Ne souhaitant pas ajouter à sa détresse que je savais aussi profonde que la complexité aromatique de mes vins,  je préférai ne pas lui répondre...



Mais trêve de jérémiades. Il est souvent nécessaire d'entreprendre pour espérer et persévérer pour réussir. Avant l'existence des moteurs de recherche, je me serai volontiers attribué la paternité de cette maxime. Mais j'ai horreur des mensonges, surtout quand ils peuvent être dévoilés...


dimanche 11 octobre 2009

Ceci n'est pas un indien


Voilà. Je peux dire que j'appartiens dorénavant à la grande famille des "blogueurs". Ah quelle joie d'intégrer cette confrérie planétaire, moi qui, dans la vraie vie, (celle où quand on se coupe un doigt avec un sécateur ça fait mal)  passe le plus clair de mon temps seul dans les vignes. Il va falloir assurer maintenant. Car, comme disait mon ami John Wayne, un bon indien est un indien mort et un blog n'est pas un indien, donc il doit être vivant (CQFD). Pour ne pas le décevoir je tâcherais de m'y employer; rendez-vous vous ai donc donné chaque jour pour le compte-rendu de ma journée. Vous verrez, c'est super hypra intéressant. Voilà en avant première ce que vous pourrez lire ici cet hiver :
Lundi 4 Décembre. Aujourd'hui j'ai taillé les premiers ceps de la saison. Mardi 5 Décembre. Aujourd'hui j'ai continué la taille. Mercredi 6 Décembre. Nouvelle journée de taille. Jeudi 7 Décembre. Taille. Vendredi 8 Décembre. Il neige !! Ouais ! Impossible de mettre le nez dehors, on voit pas les ceps. J'ai regardé la télé toute la journée ! Samedi 9 Décembre. Début du week-end. C'est un blog professionnel donc vous ne saurez rien sur ma vie privée. Lundi 11 Décembre. Reprise de la taille....
Ah, je sens que vous brûlez d'impatience de lire mes prochains messages afin d'en apprendre d'avantage sur c
le passionnant métier de vigneron. Mais comme disait John Wayne, patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. Alors allons boire un verre à nos santés respectives et à demain !