jeudi 5 novembre 2009

La critique d'art aux critiques d'art et les vaches seront bien gardées

Déjà, les couleurs de l'automne s'estompent dans le vignoble du Beaujolais. Les premiers froids et les fortes rafales de vent des derniers jours ont emporté beaucoup de feuilles et nous rentrons dans la saison où le vignoble, dénudé de sa végétation, offre au regard l'expression de sa géométrie parfaite; des ceps et encore des ceps, à perte de vue, alignés les uns par rapport aux autres, dans une régularité constante assurée depuis des générations par la main de l'homme.
En arrivant ce matin sur une de mes parcelles exposée aux vents,  la vision de cette géométrie m'a fait penser à l'œuvre de Niele Toroni, ce peintre contemporain, dont l'œuvre se résume depuis plus de quarante ans à peindre, à intervalle régulier, des empreintes de pinceau n°50. La forme de l'empreinte est toujours la même; l'intervalle est toujours le même. Invariablement, depuis 1966. Seuls la couleur et le support changent. 


Une question m'envahit l'esprit; ces aïeux étaient-ils vignerons ? Son œuvre n'est elle que l'expression inconsciente de cet atavisme ? Si chaque support choisi par l'artiste correspondait à un terroir, chaque couleur à un cépage, et chaque empreinte de pinceau à un nouveau cep en charge de produire les meilleurs raisins ?






















Je sais tout cela n'est pas très convaincant. Mais nos parents ont lutté parfois au péril de leur vie pour notre liberté d'expression, alors bon.
Juste pour clore le sujet, je me souviens avoir lu  il y a quelques années, dans le magazine d'art contemporain ArtPress, une critique panégyrique du travail de Toroni. Ce dernier est peu loquace sur cette obsession qui l'anime depuis toujours. D'autres s'en chargent et déploient des trésors d'imagination pour justifier son Geste. A tel point que la critique devient parfois à son tour une œuvre d'art. Je ne peux m'empêcher en écrivant ses lignes de faire le parallèle avec certaines notes de dégustation...

3 commentaires:

  1. Je suis viticulteur dans le Périgord et j'apprecie aussi Toroni...! Il y a dans sa peinture minimale une sorte d'entrée dans un monde presque hypnotique, ou de scansion qui me fait penser au travail répétitif de la vigne... où j'entre dans un autre cycle du temps comme Toroni.

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  2. Merci Marc pour votre commentaire. Je viens de parcourir votre blog avec beaucoup de plaisir.
    Salutations vigneronnes

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  3. Moi, j'aime bien ta barbe....
    Anne

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