Décidément, ça veut pas passer. J'ai terminé ce matin le décavaillonnage de ma première parcelle de Fleurie entrepris hier, et je n'ai cessé de penser, du haut de mon tracteur, à cette histoire de Beaujolais Nouveau qui ne serait pas un vrai vin. Je me suis dit qu'il fallait que je revienne là dessus pour exprimer le fond de ma pensée. Avant d'écrire mon post, j'ai jeté un coup d'œil à ma boîte mails où j'ai trouvé un message de Laurent Dupéré Barrera m'écrivant, je cite " Je pense que quelque part nous partageons une idée proche de ce qu'est un vrai vin et je tiens à te dire que je considère que le beaujolais en regorge probablement..."
Merci Laurent pour ses précisions. Il y avait dans mon post d'hier plus de déception que de vindicte, à entendre une fois de plus le sempiternel discours de l"imbuvabilité" du Beaujolais Nouveau. Surtout émanant d'un vigneron, qui sait ce que faire du vin peut représenter comme efforts.
Je ne dis pas que le Beaujolais Nouveau est le meilleur des vins. Je ne suis pas un adepte de ces contre-la-montre qu'impose l'exercice; levurage pour garantir la FA, bactéries lactiques pour la FML voire coinoculation, thermo vinification pour que le fruit explose ... autant de pratiques que je ne cautionne pas. Il n'en reste pas moins que j'ai goûté cette année un certain nombre de primeurs réalisés par des collègues bios, dans le respect de leur matière, et dont le résultat est des plus séduisants. D'accord pour dire que le Beaujolais Nouveau est un vin marketé, pas d'accord pour dire que tous les Beaujolais Nouveau se valent et qu'ils ne sont pas de vrais vins.
Mais au delà de ce débat sur la qualité ou l'absence de qualité gustative de ces vins, ce qui m'agace le plus dans cette critique dominante du Beaujolais Nouveau, c'est qu'elle s'attaque à la seule occasion qui nous ait encore donné dans ce pays de célébrer le vin. Du vin du Beaujolais, certes. Mais du vin quand même.Dans ce monde peu à peu amadoué, policé, aseptisé, par les hygiénistes de tout genre, j'aime cette idée de se dire: Ce soir, on se réunit pour goûter les Beaujolais de l'année. Que va t'on y trouver ? Des parfums de framboise ? De Banane ? Peu importe. On n'y trouvera d'abord et surtout le plaisir d'être ensemble autour d'une bouteille de vin.
Pour moi, le vin, c'est cela. Un vecteur de ce lien social qui fait de plus en plus défaut à notre société.
Alors si ce n'est déjà fait, goûtez le Beaujolais Nouveau 2009. Vous verrez, c'est un bon millésime !

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